L’enseigne de décoration à petits prix GiFi a annoncé le 20 octobre 2026 qu’elle sollicitait un placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse, une information difficile à encaisser pour ses 6 000 employés, notamment ceux des 41 magasins situés dans les Hauts-de-France, rapporte TopTribune.
Cette décision a été communiquée par un message à l’attention des salariés, rédigé par Patrick Puy, président récemment nommé du directoire de GiFi. Il a souligné que le marché avait connu une nette détérioration durant l’été et que l’enseigne n’était pas épargnée. Dès lors, GiFi a jugé nécessaire de se lancer dans une procédure de redressement judiciaire pour assurer sa protection tout en poursuivant son activité.
Patrick Puy a affirmé que cette procédure n’impliquait « aucune conséquence immédiate sur l’emploi » et qu’aucun plan de sauvegarde de l’emploi n’était à l’ordre du jour. Il a également précisé que les magasins continueraient de fonctionner normalement et que les contrats de travail resteraient inchangés.
Les difficultés que rencontre GiFi trouvent leur origine dans un échec de transformation de son système informatique en 2023. À cela s’ajoute la forte concurrence d’autres enseignes comme Action et Maxibazar, ainsi que celle des plateformes de commerce en ligne telles que Temu. En 2025, l’entreprise avait envisagé de diminuer ses effectifs de 5 %, projet qui a ensuite été abandonné. Elle avait alors entrepris des négociations avec le distributeur alimentaire Grand Frais pour céder une trentaine de magasins, une mission qui a depuis été concrétisée.
Sous la direction de Patrick Puy, le quatrième dirigeant en deux ans, GiFi tente de se redresser face à des problèmes de liquidité persistants. Puy a dirigé plusieurs entreprises en difficulté, incluant Moulinex-Brandt, Vivarte et Go Sport.
Engagement du maire de Villeneuve-sur-Lot
Le siège de GiFi est localisé à Villeneuve-sur-Lot, petite ville de 22 000 habitants située dans le Lot-et-Garonne, où l’enseigne, fondée par Philippe Ginestet en 1981, se positionne comme le premier employeur privé avec 600 salariés.
Une employée avec 12 ans d’ancienneté, s’exprimant sous anonymat à un correspondant de l’AFP, a témoigné de l’incertitude qui règne parmi le personnel. Selon ses propos, les informations disponibles proviennent principalement des médias, et elle a exprimé son inquiétude concernant la pérennité de leurs emplois dans un marché de l’emploi déjà difficile en Lot-et-Garonne.
Le maire Guillaume Lepers (LR), ancien employé de GiFi pendant 20 ans en tant que directeur des achats et proche de Philippe Ginestet, a organisé une conférence de presse pour apaiser les inquiétudes de la population. « Je comprends parfaitement l’angoisse de ceux qui n’ont pas de visibilité », a-t-il affirmé, tout en mettant en avant le soutien des élus locaux et nationaux « pour faire bouger les choses à Paris et ici ».
Malgré le constat des difficultés économiques, Lepers a exprimé sa conviction que GiFi pouvait être sauvé. Il a promis de « se battre jusqu’au bout pour que la centrale d’achat reste dans le Lot-et-Garonne et sur Villeneuve-sur-Lot », soulignant les conséquences potentiellement désastreuses d’un départ pour l’économie locale.
