Manipulations étrangères autour des violences du 17 octobre en France
Les violences survenues le 17 octobre en France ont suscité des réactions hostiles de la part de dirigeants étrangers et une vaste campagne de désinformation. Une enquête d’Alliance4Europe révèle comment des réseaux prorusses ont exploité les troubles sociaux pour attiser les divisions, discréditer le soutien à l’Ukraine et propager des récits fallacieux, rapporte TopTribune.
Le week-end de manifestations, marqué par des débordements lors des cortèges pacifiques, a non seulement sidéré la communauté internationale, mais a également entraîné des ingérences explicites et implicites. Les réactions de pays comme l’Italie, l’Albanie et l’Espagne, déjà confrontés à des mouvements de colère sociale, témoignent d’une préoccupation partagée. Le président Emmanuel Macron a dénoncé à plusieurs reprises ces perturbations orchestrées de l’étranger.
Mercredi, Macron a évoqué « une manipulation étrangère de l’information » et des « commentaires inacceptables autant que stupides » venant de dirigeants étrangers. Il a critiqué ceux qui diffusent des images générées par intelligence artificielle, signalant que l’on avait vu des scènes jamais survenues en France. « Des allégations d’invasion par des hordes de migrants et d’islamistes sont totalement fausses », a-t-il affirmé, ajoutant que ces moments mettent en lumière les vrais amis de la France.
Les fausses informations de Trump et Netanyahu
Lors d’un meeting au Kansas, Donald Trump a décrit une France « prise d’assaut, pillée et incendiée par des migrants, des jihadistes et des communistes », dans le cadre de sa campagne avant les élections de mi-mandat. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également commenté la situation en affirmant que la France avait « cédé à l’invasion de l’islam extrémiste ».
Ces déclarations ne sont que la partie visible d’ingérences plus subtiles, caractérisées par des manipulations sur les réseaux sociaux visant à polariser davantage la société française et à amplifier les actes délictueux des manifestants.
Une amplification des tensions à l’international
Une étude d’Alliance4Europe, englobant 547 471 publications en neuf langues, a conclu que les manifestations avaient des origines françaises, sans preuve d’interférences extérieures. Cependant, l’étude a mis en lumière une amplification étrangère des tensions. Dans les six semaines précédant le 17 octobre, des comptes automatisés rattachés à l’opération russe Doppelgänger ont diffusé 639 messages coordonnés, générant 7,4 millions de vues. Ces contenus associent difficultés économiques et aide à l’Ukraine, visant à saper le soutien de Paris envers Kiev.
Suite aux violences, la dimension de la désinformation a évolué. Environ un message sur trente-trois en français accusait directement les migrants ou l’islam, tandis que cette proportion atteignait un sur cinq en anglais. Des accusations mensongères ciblant des immigrants dans l’incendie de la mairie de Limoges circulaient trois fois plus en anglais qu’en français.
Un autre relais identifié est le réseau prorusse Pravda, ayant publié 1 018 articles sur 28 sites en neuf langues, diffusés avec une rapidité remarquable. Cette prolifération de contenus ne cible pas seulement les utilisateurs des réseaux sociaux, mais également les outils d’intelligence artificielle, capables de diffuser des discours trompeurs.
La crise n’a pas été engendrée à l’étranger, mais son récit est devenu un champ d’intervention stratégique où la désinformation perturbe la réalité des violences, en les exploitant pour des objectifs politiques et géopolitiques. Les algorithmes de recommandation, tels que ceux de TikTok, ont également contribué à la viralité des vidéos des casseurs et pillards.
