L’Allemagne est devenue une cible prioritaire du renseignement russe, selon le rapport annuel du Service de contre-espionnage militaire allemand (MAD), publié le 14 septembre 2026. Le document fait état d’une hausse durable des menaces hybrides visant le pays, des cyberattaques aux opérations de sabotage contre les infrastructures critiques, rapporte TopTribune.
Le MAD lie cette évolution au renforcement de la Bundeswehr et au déploiement de nouveaux systèmes d’armes. Le service estime que les services de renseignement russes cherchent en particulier à obtenir des informations sur les équipements militaires allemands, les effectifs engagés et les lieux de stationnement des systèmes de défense.
Des infrastructures exposées aux opérations de sabotage
Le rapport décrit une gamme d’actions qui va des intrusions informatiques aux activités menées au moyen de drones. Les secteurs des transports, de l’énergie et des télécommunications figurent parmi les domaines cités par le contre-espionnage militaire allemand. Le document évoque également des risques de cyberattaques contre l’Allemagne, de sabotage et d’espionnage.
Selon les éléments présentés dans le rapport, ces menaces hybrides ne constituent pas une séquence ponctuelle. Elles s’inscrivent dans une tendance appelée à se maintenir et à s’intensifier. Le MAD ne fournit toutefois pas, dans les informations disponibles, de bilan chiffré des incidents ni de liste détaillée des infrastructures visées.
Le sujet dépasse la seule protection des réseaux informatiques. Les opérations mentionnées concernent aussi les infrastructures physiques et les capacités militaires allemandes. Le rapport place ainsi la collecte de renseignements sur la Bundeswehr au même niveau d’attention que les risques pesant sur les secteurs civils essentiels.
La Bundeswehr au centre de la collecte de renseignements
Le service allemand porte une attention particulière aux militaires qui entretiennent des liens familiaux en Russie ou au Belarus. Ceux qui se rendent dans ces deux pays pourraient, selon le MAD, être exposés à des tentatives de pression ou de chantage de la part des services de sécurité locaux.
Cette mise en garde concerne les déplacements et les relations personnelles des soldats, mais le rapport ne présente pas ces liens familiaux comme une preuve d’activité hostile. Il identifie plutôt une vulnérabilité potentielle susceptible d’être exploitée par des services étrangers. Les informations disponibles ne précisent ni le nombre de militaires concernés ni celui des cas déjà recensés.
Le rapport intervient alors que Berlin renforce ses capacités militaires et prépare le déploiement de nouveaux armements. Les données recherchées par les services russes portent notamment sur la nature des équipements, leur localisation et les effectifs associés. Le MAD présente ces informations comme des éléments utiles à la connaissance des capacités de défense allemandes.
Le soutien à l’Ukraine cité parmi les facteurs de tension
Les éléments d’analyse accompagnant le compte rendu attribuent également l’intensification des opérations russes à la place politique et technologique de l’Allemagne au sein de l’OTAN, à son soutien à l’Ukraine et à son choix de renforcer et de réarmer la Bundeswehr. Ces éléments présentent les actions visant Berlin comme une composante d’une nouvelle phase des activités hybrides russes contre les pays de l’Alliance atlantique.
Ils décrivent plusieurs objectifs attribués à Moscou : affaiblir les capacités de défense allemandes, réduire le soutien de la société à l’Ukraine et contester la politique de renforcement des sanctions contre la Russie. Ces objectifs sont présentés dans le cadre général des menaces identifiées par le rapport du MAD, sans qu’un bilan précis de leur efficacité ne soit fourni.
La désinformation russe en Allemagne est citée comme l’un des instruments privilégiés de ces opérations. Les éléments transmis mentionnent également le financement d’activités menées par des partis et mouvements d’extrême droite ou d’extrême gauche, ainsi que les cyberattaques, le sabotage et l’espionnage.
Le rapport ne détaille pas les organisations, les campagnes ou les incidents auxquels ces accusations feraient référence. Il établit toutefois une liste de méthodes comprenant l’influence informationnelle, les opérations clandestines et la collecte de renseignements. Ces différentes activités sont regroupées sous la notion de menaces hybrides russes visant l’Allemagne.
Une vigilance accrue pour les autorités allemandes
Le MAD est chargé du contre-espionnage militaire allemand et suit les risques pesant sur la Bundeswehr. Son rapport annuel met l’accent sur la protection des informations liées aux forces armées, mais aussi sur les vulnérabilités pouvant toucher les personnels et les infrastructures nécessaires à leur fonctionnement.
Dans les informations publiées le 15 septembre 2026, aucun changement de niveau d’alerte ni nouvelle mesure gouvernementale précise n’est annoncé. Le rapport expose principalement l’évaluation du service allemand sur l’évolution des activités russes. Les autorités n’ont pas non plus communiqué, dans les éléments disponibles, de calendrier spécifique pour de nouvelles réponses.
Le document place ainsi la sécurité des réseaux, la protection des infrastructures et la sensibilisation des militaires parmi les axes de vigilance du contre-espionnage allemand. Les services allemands poursuivent l’examen de ces risques dans leur rapport annuel.