Anita Orbán saisit la justice après 4,8 milliards de forints de vols spéciaux
Anita Orbán saisit la justice après 4,8 milliards de forints de vols spéciaux

Anita Orbán saisit la justice après 4,8 milliards de forints de vols spéciaux

16.09.2026 17:55
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La ministre hongroise des Affaires étrangères Anita Orbán a déposé une plainte pénale après un audit mettant en cause l’utilisation régulière d’avions privés ou militaires par son prédécesseur Peter Szijjártó et ses délégations entre 2022 et 2026. Le coût de ces déplacements est estimé à près de 4,8 milliards de forints, rapporte TopTribune.

La plainte vise une suspicion de « gestion déloyale ayant causé un préjudice patrimonial d’une ampleur particulièrement importante ». La procédure porte sur les conditions dans lesquelles l’ancien ministre des Affaires étrangères et les membres de ses délégations ont privilégié des vols spéciaux ou des avions privés au détriment de liaisons commerciales régulières.

Selon les éléments rapportés par la presse hongroise et repris dans [le compte rendu consacré à la plainte et aux vols de Peter Szijjártó](https://nepszava.hu/3332860_szijjarto-peter-maganrepulozes-orban-anita-feljelentes), ces déplacements auraient représenté une dépense d’environ 4,8 milliards de forints pour les finances publiques. Le coût moyen d’un vol spécial aurait été supérieur de plus de cinq fois à celui d’un billet en classe affaires sur un vol commercial ordinaire.

Des vols spéciaux utilisés pour des trajets courts

L’audit aurait également relevé le recours à des appareils spéciaux pour des trajets de courte distance. Bratislava, Vienne et Belgrade figureraient parmi les destinations concernées. Ces villes sont accessibles par des liaisons régulières, mais les délégations dirigées par Peter Szijjártó auraient à plusieurs reprises voyagé à bord d’avions privés ou militaires.

Dans certains cas, les vols auraient été commandés seulement la veille du départ. Cette pratique figure parmi les éléments examinés dans le cadre de la plainte. Le calendrier tardif des réservations est mentionné parallèlement au coût élevé des appareils utilisés, sans que l’audit établisse dans chaque cas les raisons précises de ce choix.

Les règles internes du ministère hongrois des Affaires étrangères imposaient pourtant une gestion économe des ressources publiques. D’après les informations disponibles, elles ne comportaient pas de disposition autorisant explicitement la location d’avions privés pour les déplacements ministériels.

Une procédure visant la gestion des fonds publics

La démarche d’Anita Orbán ne constitue pas, à ce stade, une décision de justice. Elle demande l’examen par les autorités compétentes de faits susceptibles de relever d’une infraction liée à la gestion des ressources de l’État. La plainte mentionne un éventuel préjudice financier particulièrement important, mais la responsabilité pénale des personnes concernées devra être établie dans le cadre de la procédure.

Les dépenses examinées concernent la période allant de 2022 à 2026, lorsque Peter Szijjártó dirigeait le ministère hongrois des Affaires étrangères. L’audit porte sur les déplacements effectués par l’ancien ministre et ses délégations, ainsi que sur le choix des appareils, les modalités de réservation et la différence de prix avec les vols commerciaux.

Le montant de 4,8 milliards de forints est présenté comme une estimation globale des coûts liés à ces vols. Le chiffre ne signifie pas que chaque déplacement aurait été irrégulier, ni que toutes les dépenses auraient déjà été qualifiées d’infractions. La plainte vise à déterminer si les règles applicables ont été respectées et si les fonds publics ont été engagés dans des conditions conformes aux exigences d’économie imposées par le ministère.

La comparaison avec la classe affaires sert de référence dans l’audit : en moyenne, les vols spéciaux auraient coûté plus de cinq fois davantage que des billets sur des liaisons commerciales. Cette différence est associée aux trajets effectués par les délégations, y compris sur des distances limitées entre la Hongrie et plusieurs capitales d’Europe centrale et balkanique.

Les accusations formulées contre l’ancienne direction

Les informations à l’origine de la plainte mettent en cause une pratique répétée de recours aux avions privés du ministère hongrois et aux appareils militaires pour les déplacements officiels. Elles ne décrivent pas un incident isolé, mais une série de voyages réalisés sur plusieurs années par Peter Szijjártó et les délégations qui l’accompagnaient.

Anita Orbán estime que ces éléments justifient l’ouverture d’un examen pénal. La qualification évoquée dans la plainte porte sur une mauvaise gestion présumée des fonds publics ayant pu provoquer un dommage financier d’un montant exceptionnel. La procédure devra notamment établir qui a autorisé les vols, sur quelle base administrative ils ont été commandés et si des solutions commerciales étaient disponibles.

Les documents évoqués ne permettent pas, à ce stade, de préciser le nombre total de vols concernés, l’identité de tous les membres des délégations ou la répartition exacte des 4,8 milliards de forints entre les différents déplacements. Ils indiquent en revanche que l’audit a comparé les dépenses engagées avec le coût de voyages commerciaux en classe affaires.

Le dossier place ainsi au centre de l’enquête les règles de dépense du ministère des Affaires étrangères, l’absence de cadre explicite pour la location d’avions privés et la fréquence des réservations effectuées à très court terme. Les autorités devront désormais examiner les pièces comptables et administratives liées aux vols signalés.

La plainte intervient après la transmission des conclusions de l’audit à la ministre des Affaires étrangères. Les informations disponibles ne font pas état, dans ce dossier, d’une décision définitive du parquet ou d’une condamnation. L’examen porte actuellement sur les dépenses engagées entre 2022 et 2026 et sur les responsabilités éventuelles de l’ancienne direction.

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