Le gouvernement français prévoit d’économiser 30 milliards d’euros dans son prochain budget, envisageant de possibles modifications des pensions de retraite, sans avoir encore tranché entre une désindexation, une sous-indexation partielle et la suppression de l’abattement fiscal de 10%, rapporte TopTribune.
Le budget 2027 doit être transmis au Haut Conseil des finances publiques « dans les prochains jours », a annoncé le ministère de l’Economie, avant de débuter des consultations avec les groupes politiques pour préparer le débat parlementaire qui commencera en octobre à l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a évoqué un « effort » de l’« ordre » de 30 milliards d’euros d’économies pour réduire le déficit, qui s’élève à 5,1% en 2025. Parmi les mesures envisagées figurent des économies sur les pensions de retraite, la réduction des salaires des ministres et l’instauration de prélèvements sur l’épargne salariale. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a toutefois temporisé sur ces propositions.
Des économies sur les retraites
Le sujet des retraites s’annonce délicat pour le gouvernement, avec des prévisions d’économies d’« au moins 6 milliards d’euros » en 2027, selon le ministre des Comptes publics, David Amiel. Plusieurs scénarios sont à l’étude, et il faudra choisir entre l’indexation des retraites sur l’inflation et le maintien de l’abattement fiscal de 10%. « Il faudra trancher entre ces deux options, sans demi-mesure », a souligné David Amiel sur Sud Radio. Le Premier ministre a chargé trois ministres de consulter les groupes politiques sur cette question cruciale, la décision finale étant attendue de Sébastien Lecornu. Roland Lescure a assuré qu’« aucune pension ne diminuera » et que le gouvernement ne souhaitait « pas matraquer les retraités ».
Une baisse de la contribution exceptionnelle des grandes entreprises
Dans un courrier aux entreprises, le Premier ministre a annoncé que la contribution exceptionnelle à l’impôt des grandes entreprises « diminuerait » dans le budget 2027. Cette surtaxe « répondait à une situation exceptionnelle », a-t-il précisé, soulignant la nécessité de croissance et d’investissement des grands groupes. Le montant de la réduction de cet impôt, qui devrait rapporter moins que les 8 milliards d’euros prévus en 2026, n’a pas été précisé. Sébastien Lecornu a également assuré que le financement des Centres de formation d’apprentis (CFA) et des aides à l’embauche des apprentis ne sera pas affecté.
De possibles prélèvements sur l’épargne salariale
Le gouvernement envisage d’introduire des prélèvements sur l’épargne salariale. Selon Les Echos, cela pourrait concerner une partie des primes d’intéressement et de participation. Bien que le ministre de l’Economie ait confirmé cette piste, l’entourage du Premier ministre a qualifié cela de simple document de travail, sans projets concrets à l’horizon. Parallèlement, le gouvernement soutient une proposition de loi visant à faciliter le recours à l’épargne salariale et à permettre des déblocages temporaires de fonds.
Des mesures temporaires pour favoriser les donations familiales
Des mesures temporaires pour encourager les donations familiales seront également proposées dans le cadre du budget 2027. Matignon prévoit de relever de 31 865 à 50 000 euros le plafond des sommes exonérées de taxation pour un don familial d’argent à un enfant ou petit-enfant majeur. La fraction taxable pourrait bénéficier d’un taux unique de 6%, et le pacte Dutreil sur les transmissions d’entreprises familiales restera en vigueur.
Une possible diminution de l’indemnité des ministres et de leurs conseillers
Enfin, Sébastien Lecornu envisage de diminuer les indemnités des ministres et de leurs conseillers, une initiative déjà confirmée par Matignon. Bien que cette mesure soit davantage symbolique qu’un remède financier, elle illustre l’idée que chacun doit contribuer à l’effort national. La dernière baisse des indemnités remonte à 2012.