Un jeune homme de 22 ans a été verbalisé le 8 septembre au Lido de Venise après avoir proféré un juron suite à une collision évitée de justesse avec un piéton. En Italie, le blasphème public demeure passible d’une amende, rapporte TopTribune.
Ce jour-là, l’homme circulait à scooter lorsqu’un piéton s’est engagé sur la chaussée. Le conducteur a freiné brusquement, évitant l’impact de quelques centimètres. En réaction, il a laissé échapper un juron qui a été entendu par des policiers municipaux également présents sur les lieux. Ces derniers l’ont verbalisé pour blasphème.
D’après un témoignage relayé sur Facebook par le compte Venezia NON è Disneyland, les agents effectuaient des contrôles en marge de la Mostra du cinéma de Venise et ont reconnu la prudence du jeune homme après sa manœuvre. Ce dernier a expliqué aux policiers qu’il croyait se trouver dans une zone piétonne.
Malgré cela, une amende de 102 euros lui a été infligée. Le procès-verbal indique qu’il a été verbalisé pour avoir « outragé les divinités vénérées par la religion d’État ». Cette formulation a généré de vives réactions dans le pays.
Une amende pouvant atteindre 309 euros
Lors du contrôle d’identité, le jeune homme aurait déclaré qu’il s’était « laissé emporter » par l’émotion et la peur après l’incident évité, rapporte Il Corriere della Sera. Cependant, la police locale a indiqué qu’il avait continué à proférer son juron à plusieurs reprises et avait refusé de présenter des excuses.
Le chef de la police municipale, Marco Agostini, a demandé un rapport complet concernant l’incident, tout en considérant que la sanction n’avait « rien d’étrange ».
Bien que le blasphème ait été dépénalisé en Italie en 1999, il subsiste dans la loi italienne. L’article 724 du Code pénal prévoit une amende administrative de 51 à 309 euros pour toute personne qui blasphème publiquement. Ce même article prescrit des sanctions similaires pour des comportements jugés outrageants envers les défunts.
Cette disposition est rarement appliquée dans la pratique, bien que le football italien ait, par le passé, été concerné par des sanctions pour blasphème. Par exemple, le gardien Stefano Turati a été suspendu d’un match en 2023 pour des propos jugés blasphématoires, tout comme Gianluigi Buffon en 2021.