France Télévisions retire le replay de "La Grande Librairie" après les propos d'Adèle Haenel sur Gaza

France Télévisions retire le replay de « La Grande Librairie » après les propos d’Adèle Haenel sur Gaza

11.09.2026 20:16
2 min de lecture

Suite à l’intervention d’Adèle Haenel sur Gaza dans l’émission « La Grande Librairie », France Télévisions a retiré le replay de l’émission, suscitant des accusations de censure. Le groupe a évoqué une « mesure conservatoire » et attend désormais l’évaluation de l’Arcom, rapporte TopTribune.

Dans l’épisode diffusé sur France 5, Adèle Haenel, en présentant son premier roman, a dénoncé le « génocide » à Gaza et appelé à « sanctionner Israël » tout en plaidant pour « libérer la Palestine ». Cet extrait a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, tandis que le replay a disparu de France.tv.

Une carte blanche face caméra

En tant qu’invitée principale, Haenel a également pris la parole dans « Droit dans les yeux », segment diffusé en fin d’émission. À cette occasion, elle a abordé le silence entourant les violences sexistes et sexuelles avant de se concentrer sur la situation à Gaza.

« L’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable ! Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine » (applaudissements) Adèle Haenel

Elle établit un lien entre le conflit au Proche-Orient et appelle à sanctionner Israël, dénonçant le silence pesant autour des victimes palestiniennes.

Le replay disparaît

Malgré la large diffusion de son discours sur les réseaux sociaux et d’autres chaînes, le replay de l’émission a été retiré de la plateforme France.tv, alimentant les soupçons de censure.

Sur son compte Instagram, Haenel a mentionné qu’elle avait anticipé ce retrait en enregistrant l’émission, bien qu’elle ne s’attendait pas à la suppression complète du replay.

Elle a qualifié ce retrait de « démonstration parfaite » de l’existence de réalités que certaines voix « ne doivent surtout pas être dites ».

La polémique gagne le monde politique

Le retrait de l’extrait a provoqué des réactions au sein de LFI, le sénateur communiste Ian Brossat et Olivier Faure dénonçant cette suppression. « Le principe d’une carte blanche, c’est de laisser la parole… En l’absence de justification, cette suppression est une honte », a déclaré Faure sur X.

Le principe d’une carte blanche c’est de laisser la parole. Quelle conclusion en tirer ? Y-a-t-il des points de vue interdits ? Y avait-il des propos qui relevaient du délit ?
En l’absence de justification, cette suppression est une honte. https://t.co/2FV3k3U6mn

À contrario, le député RN Julien Odoul a affirmé que le service public ne doit pas financer les « délires antisémites » de l’extrême gauche, comme l’illustrent les propos d’Haenel.

Le service « public » accepte d’être la caisse de résonance des amis de Mélenchon qui recrachent la propagande des terroristes du Hamas. L’impôt des Français n’a pas à financer les délires antisémites de l’extrême gauche.

France Télévisions invoque une « mesure conservatoire »

France Télévisions, contactée par l’AFP, a rejeté les accusations de censure, affirmant que Haenel a pu exprimer librement ses opinions lors de l’émission. « Il n’y a aucune censure », a déclaré le groupe, précisant que la carte blanche a bien été diffusée.

La direction a mentionné plusieurs saisines et un cahier des charges strict, ajoutant que la déclaration de Haenel n’avait pas été contrebalancée par d’autres points de vue. Ainsi, face à ces saisines, France Télévisions a suspendu le replay pour permettre à l’Arcom d’effectuer son évaluation, tout en attendant cette évaluation.

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