Le 10 septembre 2026, la Commission de régulation de l’énergie a annoncé une augmentation de 6,3 % du prix repère du gaz pour le mois d’octobre, le portant ainsi à 182,88 €/MWh TTC. Cette hausse concerne environ 6 millions de ménages en France qui ont opté pour une offre indexée, tout en exemptant les 40 % de consommateurs ayant choisi un contrat à prix fixe, rapporte TopTribune.
Qu’est-ce que le prix repère de vente du gaz (PRVG) ?
Jusqu’au 1er juillet 2023, les foyers françaises profitaient de tarifs réglementés pour le gaz, établis par les autorités compétentes. Toutefois, avec l’ouverture du marché à la concurrence, ces tarifs ont été abrogés. Pour fournir un indicateur de référence aux consommateurs dans ce nouveau contexte, la CRE a mis en place le PRVG. Ce dernier est publié chaque mois et sert à orienter les 10,31 millions de foyers ayant un contrat de gaz naturel au 31 mars 2026, leur permettant ainsi de comparer les offres des différents fournisseurs et d’analyser les tendances du marché.
Le PRVG se compose de trois éléments essentiels : la fourniture, englobant les coûts d’approvisionnement et les frais commerciaux ; l’acheminement, qui couvre les tarifs des réseaux et les coûts de stockage ; et les taxes, rassemblant la CTA, l’accise sur le gaz naturel ainsi que la TVA. En octobre 2026, le PRVG s’établit à 182,88 €/MWh TTC, en hausse par rapport à 172,05 €/MWh TTC en septembre. Malgré tout, seule la composante de la fourniture est sujette à des variations mensuelles.
Octobre 2026 : +6,3 % pour le prix du gaz, mais pour qui exactement ?
Près de 6 millions de ménages en France ont choisi une formule de gaz indexée sur le prix repère, représentant presque 60 % des abonnés résidentiels. Pour cette catégorie d’usagers, le relèvement annoncé par la CRE impactera directement leur facture d’octobre. Il est estimé qu’ils devront débourser en moyenne 5,28 € TTC supplémentaires pour ce mois, avec un tarif du kilowattheure pour le chauffage qui passe de 0,13474 € à 0,14521 €, marquant une augmentation de 7,8 % en l’espace d’un mois. Ces consommateurs sont ainsi exposés aux variations mensuelles des prix du marché, sans protection contre les hausses soudaines.
Environ 40 % des clients résidentiels ont, quant à eux, été séduits par une offre à prix fixe à la fin de 2025. Ces contrats garantissent un tarif constant pour une période déterminée, généralement de un à trois ans. Par conséquent, les ménages concernés n’observeront pas d’augmentation de leur facture en octobre, indépendamment du PRVG. Néanmoins, cette sécurité a un coût : les offres à prix fixe affichent souvent un tarif initial plus élevé que les offres indexées, témoignant de la prime de sécurité payée pour éviter les fluctuations.
Le choix entre un contrat indexé et un prix fixe dépend des préférences personnelles. Un contrat indexé vous expose aux variations du marché, vous permettant ainsi de bénéficier des baisses, mais aussi de faire face aux hausses. En revanche, un contrat à prix fixe vous protège des augmentations inattendues, au détriment d’une certaine flexibilité. En période de tensions géopolitiques comme en 2026, les contrats à prix fixe assurent une certaine tranquillité budgétaire. Cependant, il faut également considérer que si les prix baissent durablement, vous n’en profiterez pas. L’équilibre entre risque et sécurité est un enjeu personnel.
2026 : une année d’instabilité énergétique
Cette année 2026 illustre bien la volatilité du marché gazier en Europe. Le 27 février, l’indice TTF néerlandais, référence pour le gaz en Europe, était de 31,470 €/MWh. Huit mois plus tard, les contrats pour octobre atteignent 81,910 €/MWh, ce qui représente une multiplication par 2,6. Après un début d’année plutôt stable, les prix ont connu une forte augmentation dès l’été. Selon la CRE, « si la situation demeure inchangée d’ici la fin de l’année, la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne supérieure de 10 % à celle de 2025 (environ +120 € TTC) ».
Face à cette montée des prix, plusieurs actions peuvent être envisagées. D’abord, pensez à diminuer votre consommation en abaissant d’un degré la température de votre chauffage (ce qui engendre une économie d’environ 7 %), en améliorant l’isolation de votre logement ou en veillant à l’entretien régulier de votre chaudière. Ensuite, il est judicieux de comparer les offres proposées par les fournisseurs : le PRVG aide à identifier les contrats les plus avantageux. Si vous avez opté pour un contrat indexé et redoutez de nouvelles hausses, envisagez un passage à un prix fixe lors de votre prochain renouvellement. N’oubliez pas de vérifier votre éligibilité aux aides à la rénovation énergétique (comme MaPrimeRénov’ ou les certificats d’économies d’énergie), qui peuvent financer des travaux d’isolation ou le remplacement d’équipements vétustes.