L’extrême droite allemande a réalisé une avancée historique en Saxe-Anhalt. Le 6 septembre 2025, l’AfD a remporté une victoire significative lors des élections régionales, temps fort qui constitue un revers majeur pour le chancelier conservateur Friedrich Merz. Ce succès soulève des interrogations autour de la figure d’Alice Weidel, co-dirigeante du parti depuis 2022, dont l’orientation sexuelle contraste fortement avec les valeurs prônées par son propre camp, rapporte TopTribune.
Alice Weidel, 47 ans, vit avec Sarah Bossard, une productrice de cinéma suisse d’origine sri-lankaise, et éduquent ensemble leurs deux enfants, un mode de vie très éloigné de la « famille traditionnelle » que prône l’AfD. Dans son programme, le parti exprime une critique acerbe de l’homosexualité et s’oppose à l’inclusion de manière généralisée, mais lors de son congrès de janvier 2025, les dirigeants ont tenté de redéfinir la notion de famille en y intégrant des valeurs de « sécurité » et de « soutien », ce qui soulève des questions sur la cohérence de leur message.
Alice Weidel refuse de considérer son homosexualité comme une contradiction par rapport à son engagement au sein de l’AfD. Lors d’une conférence en 2017, elle a affirmé : « Je ne suis pas à l’AfD malgré mon homosexualité mais à cause de mon homosexualité », reliant ainsi son parcours personnel à sa trajectoire politique.
Des positions contradictoires
Weidel se définit comme une « lesbienne non queer » et rejette les théories du genre ainsi que le « wokisme ». Cette position est souvent interprétée à travers le prisme de l' »hédonisme sécuritaire », où la liberté individuelle coexiste avec une préoccupation accrue pour la sécurité. Lorsque le sujet de l’immigration est abordé, elle évoque un risque que représente l’immigration musulmane, citant sa propre expérience d’enfance dans un village affecté par une immigration importante.
Cependant, cette rhétorique semble incohérente, car il a été rapporté qu’elle aurait employé illégalement une réfugiée syrienne, ce qui soulève des questions sur la sincérité de ses positions.
Critiques de son parcours
Les détracteurs d’Alice Weidel, y compris l’Association pour la diversité queer, critiquent le fait que son parcours personnel ne modifie pas la nature intrinsèquement homophobe de l’AfD. Selon certains observateurs, elle représente une « feuille de vigne » permettant au parti de dissimuler son extrémisme. Malgré cela, sa personnalité non conventionnelle renforce sa position politique; en tant que femme, lesbienne et mère, elle défie les stéréotypes de la droite radicale tout en poursuivant une politique anti-migrants et un discours centré sur l’ordre.