La plus grande usine de captage de CO2 d'Europe inaugurée aux Pays-Bas

La plus grande usine de captage de CO2 d’Europe inaugurée aux Pays-Bas

07.09.2026 17:26
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Un pas important vers la décarbonation industrielle en Europe a été franchi avec l’inauguration, ce lundi, de la plus grande installation de captage de dioxyde de carbone sur le continent, située à Sluiskil, aux Pays-Bas, par Yara, un fabricant d’engrais norvégien, rapporte TopTribune.

Cette installation marque le lancement de la première chaîne transfrontalière au monde dédiée au captage, au transport et à la séquestration permanente de CO2 à une échelle industrielle, bien que son modèle économique demeure fragile. L’objectif est de capter jusqu’à 800 000 tonnes de CO2 par an dans l’usine ammoniacale et d’engrais de Sluiskil, représentant environ 0,5 % des émissions totales annuelles des Pays-Bas, selon les dires de Yara. Ce projet de réduction des émissions de carbone vise à atténuer le réchauffement climatique grâce à une technologie qui capte le dioxyde de carbone émis lors des processus industriels, le transporte sous forme liquide, puis le stocke dans des formations géologiques appropriées.

Un stockage sous la mer du Nord

Concrètement, le CO2 capté à Sluiskil sera transporté par bateau jusqu’au terminal d’Øygarden en Norvège, près de Bergen, puis injecté dans un aquifère saline à environ 2 600 mètres sous le fond marin de la mer du Nord. Yara représente le premier client commercial du projet « Northern Lights », considéré comme le premier service commercial de transport et de stockage de CO2 au monde, développé par plusieurs géants pétroliers, dont Equinor, Shell et TotalEnergies.

Wopke Hoekstra, commissaire européen pour le climat, a déclaré : « L’Europe a besoin de solutions climatiques concrètes, permettant de réduire les émissions tout en renforçant la compétitivité industrielle. Le projet de captage et de stockage du carbone de Sluiskil illustre ce qui peut être réalisé grâce à l’innovation et à la coopération transfrontalière. » Son intervention souligne l’importance croissante de tels projets dans le cadre des engagements climatiques de l’Union européenne.

Une technologie au coût élevé

La technologie de captage et de stockage du carbone (CCS) est mentionnée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) comme une solution potentielle pour réduire l’empreinte carbone d’industries difficiles à décarboniser, telles que le ciment et la sidérurgie. Cependant, la mise en œuvre de cette technologie reste onéreuse et complexe à financer, malgré la hausse des prix du carbone et le soutien public. Les initiatives comme Northern Lights doivent faire face à un défi majeur : attirer des investissements suffisants pour devenir économiquement viables.

Depuis son lancement en 2025, Northern Lights n’a signé qu’un nombre limité de contrats commerciaux avec des industriels en Europe, indiquant que le marché pour cette technologie n’est pas encore totalement établi. La capacité de stockage de cette initiative s’élève à 1,5 million de tonnes de CO2 par an, avec un objectif de porter ce chiffre à 5 millions de tonnes d’ici la fin de la décennie. Lors de l’inauguration, aux côtés de Hoekstra, se trouvaient également les Premiers ministres néerlandais et norvégien, Rob Jetten et Jonas Gahr Støre, marquant ainsi une étape significative dans la coopération entre ces pays sur les enjeux climatiques.

Le développement de projets comme celui-ci est essentiel pour l’avenir de l’industrie européenne, surtout face aux enjeux brûlants du changement climatique et aux engagements de neutralité carbone. La collaboration entre nations et secteurs privés sera cruciale pour l’essor de ces initiatives, clés de la transition énergétique en cours.

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