Guadeloupe : la sécheresse menace la récolte de canne à sucre en raison de conditions climatiques extrêmes

Guadeloupe : la sécheresse menace la récolte de canne à sucre en raison de conditions climatiques extrêmes

06.09.2026 10:56
2 min de lecture

La sévère sècheresse qui touche les Antilles depuis plusieurs mois atteint un niveau critique pour les producteurs de canne à sucre. Alors que la récolte de 2026 se révèle désastreuse, les agriculteurs n’ont toujours pas réussi à replanter en vue de la prochaine saison, rapporte TopTribune.

De nombreux champs se présentent jaunis, presque brûlés par le soleil, d’autres étant fraîchement labourés. Pourtant, aucune des précieuses plantules de canne à sucre n’a été semée jusqu’à présent, alors qu’elles auraient dû l’être depuis plusieurs semaines. « Il fait trop chaud, il ne pleut pas assez, les plantules brûleraient si on mettait en terre maintenant », souligne Alex Bandou, secrétaire général de l’Union des producteurs de Guadeloupe.

Prévisions inquiétantes pour les mois à venir

Le dérèglement climatique exacerbe la situation dans les Caraïbes, où la sécheresse persiste malgré le début officiel de la saison des pluies. Les derniers bulletins climatiques de Météo-France, depuis mai, font état de conditions exceptionnelles, qualificatives et alarmantes telles que « très sec », « extrêmement sec » et « très chaud ». Le mois de juillet a été qualifié comme le « mois le plus chaud » depuis l’année 1995, et les prévisions annoncent des mois très secs à venir, potentiellement jusqu’en février.

Cette situation pèse lourdement sur le moral des agriculteurs, d’autant plus que la récolte de 2026, qui s’est terminée en juillet, a été très éprouvante, avec environ 312.700 tonnes de cannes récoltées, marquant une diminution de 35 % par rapport à 2025, selon la coopérative de l’Union cannière de la Guadeloupe.

Les parcelles de canne à sucre occupent près de 50 % des sols agricoles de la région, tandis que les légumes représentent environ 6,9 %, les fruits près de 3 % et les bananes 6,6 %, selon les données de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (Iédom). Les conséquences de cette sécheresse s’étendent donc bien au-delà de la canne à sucre, impactant l’ensemble du secteur agricole et menaçant la sécurité alimentaire locale.

Les producteurs expriment une inquiétude croissante quant à la capacité de la région à surmonter ces conditions climatiques extrêmes. Des mesures d’urgence sont urgemment nécessaires pour soutenir ces agriculteurs, mais les solutions à long terme pour faire face au changement climatique doivent également être envisagées.

Les autorités locales commencent à envisager des programmes d’irrigation pour atténuer l’impact de la sécheresse, mais la mise en œuvre de ces stratégies prendra du temps. La demande pour des aides financières et des subventions augmente, alors que les agriculteurs cherchent désespérément des moyens de redresser leur situation.

En parallèle, les experts appellent à une réflexion sur la durabilité des pratiques agricoles dans la région. L’approche moderne envers l’agriculture, intégrant des techniques adaptées aux nouvelles réalités climatiques, pourrait jouer un rôle déterminant dans l’avenir du secteur.

Dans ce contexte, il est crucial que les acteurs locaux, régionaux et internationaux unissent leurs efforts pour faire face à cette crise agricole sans précédent. Les témoignages des agriculteurs, tels que celui d’Alex Bandou, soulignent l’urgence d’une action collective pour surmonter cette sécheresse qui, si elle perdure, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour toute la région caribéenne.

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