Renée Lafont, journaliste exécutée par les franquistes, attend toujours un hommage en France

Renée Lafont, journaliste exécutée par les franquistes, attend toujours un hommage en France

06.09.2026 06:36
1 min de lecture

Le 1er septembre 1936, l’intellectuelle française Renée Lafont est exécutée par les nationalistes à Cordoue, un acte qui la consacre victime emblématique des massacres franquistes et souligne le silence persistant des autorités françaises à son égard, rapporte TopTribune.

Renée Lafont, femme de lettres, journaliste, romancière et poète passionnée par l’Espagne, se distinguait en tant qu’hispaniste en 1936. Elle a traduit en 1925 l’ouvrage de Vicente Blasco Ibañez, important auteur républicain. Âgée de 58 ans lors du déclenchement de la Guerre d’Espagne par un coup d’État militaire dirigé par Mola, Sanjurjo et Franco, elle se retrouve rapidement au cœur des atrocités commises sous le prétexte de « purification » de l’Espagne par les putschistes.

En tant qu’envoyée spéciale pour Le Populaire, journal de la SFIO de Léon Blum, Renée Lafont se joint à la délégation sur le front andalou. Cependant, son trajet la conduit à travers les lignes nationalistes près de Cordoue, où elle est blessée et capturée sous l’accusation d’espionnage. Le 1er septembre, elle devient la première journaliste fusillée dans un conflit, son corps étant ensuite porté à une fosse commune, rejoignant les plus de 110 000 disparus qui n’ont toujours pas reçu de sépulture.

En contact avec l’association Arehemisa, qui œuvre pour la récupération de la mémoire historique des victimes du franquisme, l’historien Jean Ortiz a dévoilé en 2017 le sort de Renée Lafont. À Cordoue, l’historien Patricio Hidalgo Luque a retracé les dernières heures de la journaliste, tandis que des activistes comme Rafael et Pablo Espino ainsi que Florentina Rodriguez s’attachent à préserver la mémoire de Lafont dans leur lutte pour les droits des victimes.

Un livre publié ce mois-ci

Le 10 janvier 2019, des membres d’associations se rendent à Cordoue lors de l’ouverture de la fosse commune où repose Renée Lafont. Son corps sera bientôt identifié grâce à l’ADN de Maïtena Biraben, parente éloignée. En 2018, Caminar, qui soutient son héritage, s’adresse à Emmanuel Macron, le président de la République, et reçoit une réponse indiquant qu’un hommage officiel pourrait être envisagé lors de commémorations futures.

À l’approche du 1er septembre 2026, soit 90 ans après son exécution, un livre sur Renée Lafont est publié par Pablo Espino en Espagne. En France, la situation reste désolante : « Toujours rien, à ma connaissance », déplore José Garcia, ancien président de Caminar, notant l’absence de rapatriement et d’hommage officiel pour cette figure tragique de l’histoire. Pendant ce temps, le régime franquiste perdure dans l’impunité, symbolisé par le maintien de la Légion d’honneur décernée à Franco.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER