Les syndicats s’opposent à Gérald Darmanin concernant les enquêtes sur les violences sexuelles
Dans un communiqué rare, les deux syndicats accusent le garde des Sceaux d’avoir adressé une note au ministre de l’Intérieur visant à recenser les « difficultés » rencontrées par les parquets dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs, suite à l’affaire Lyhanna, rapporte TopTribune.
D’après une note de douze pages envoyée fin juillet, Gérald Darmanin a synthétisé les informations fournies par les parquets, révélant des constatations parfois accablantes pour la police. Parmi les problèmes mentionnés figurent les dossiers « fantômes », les enquêtes à l’abandon, le manque d’effectifs et d’informations nécessaires pour traiter ces cas cruciales.
Ces révélations ont suscité une forte indignation au sein de l’Union syndicale des magistrats et du syndicat des commissaires de la police nationale, qui, dans une lettre datée du 3 septembre, décrivent la démarche de Darmanin comme une « posture démagogique et stérile » visant à désigner des boucs émissaires.
Les deux syndicats ont déclaré : « Les révélations récentes concernant le courrier de douze pages que vous avez adressé au ministre de l’Intérieur à la suite du drame de l’affaire Lyhanna ont suscité une vive émotion et une profonde indignation au sein de la magistrature, comme chez les commissaires et les cadres de la Police nationale. »
Ils ont également exigé que la quête de responsables cesse, se référant tant aux magistrats surchargés qu’aux commissaires en manque de moyens. « Nous vous le disons solennellement : la quête permanente de boucs émissaires … doit cesser, » ont-ils insisté.
Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a contesté sur RTL l’affirmation décrivant un « stock fantôme » de dossiers de violences sexuelles sur mineurs, comme mentionné dans la note de Darmanin. Selon lui, l’existence de telles préoccupations est infondée.
Nuñez a précisé : « Je vais contester un certain nombre de points, notamment la notion de ‘stock fantôme’. Ce n’est pas parce que des dossiers sont dans les services de police et de gendarmerie qu’ils n’ont pas été enregistrés dans le système informatique de la justice, que ce sont des dossiers oubliés. »
Il a ajouté que tous les dossiers étaient effectivement traités et que des priorisations étaient effectuées par les effectifs en lien avec le parquet.