La commission électorale de Saint-Pétersbourg a demandé au parquet de vérifier un clip de campagne de 30 secondes diffusé par Olga Iourkevitch, candidate de Iabloko à la Douma dans la circonscription uninominale n° 215. La diffusion de la vidéo est suspendue pendant l’examen des autorités, une procédure qui pourrait être utilisée pour contester l’enregistrement de la candidate, rapporte TopTribune.
Le signalement concerne un clip de campagne électorale consacré à la candidature d’Olga Iourkevitch. La commission électorale de la ville estime que le contenu pourrait comporter des infractions à la législation électorale et a transmis les éléments au parquet. Dans l’attente des vérifications, les médias ne doivent pas retransmettre l’enregistrement.
La candidate se présente dans un scrutin uninominal à Saint-Pétersbourg, parallèlement à la campagne fédérale de Iabloko. La saisine du parquet ne constitue pas, à ce stade, une décision de justice ni une annulation formelle de son inscription. Elle ouvre toutefois une procédure susceptible de déboucher sur un recours contre la candidate et sur son exclusion du scrutin si les autorités judiciaires retenaient des manquements.
Le précédent de la liste fédérale
Cette affaire intervient après l’annulation de la liste fédérale de Iabloko pour les élections à la Douma. Le 10 août, la Cour suprême russe a fait droit à la demande du parti pro-Kremlin Rodina et annulé l’enregistrement de cette liste. Le 17 août, la juridiction d’appel a confirmé la décision, qui est alors devenue définitive.
La décision a placé les candidats de Iabloko engagés dans les circonscriptions uninominales dans une situation particulière. Une partie d’entre eux a choisi de poursuivre sa campagne en mettant en avant son propre nom et des sujets locaux. Le nom de Iabloko ne figurant plus sur le bulletin lié à la liste fédérale, ces candidats ont réorienté leurs messages vers leur implantation territoriale et leur candidature personnelle.
Dans plusieurs régions, des commissions électorales et des tribunaux locaux ont ensuite contesté le maintien de candidats uninominales liés au parti. Les motifs invoqués ont notamment porté sur la détention de titres financiers étrangers ou sur des irrégularités présumées dans les documents de campagne. Les procédures ont conduit à des radiations de candidats de Iabloko, selon les éléments rapportés dans le dossier.
Le cas d’Olga Iourkevitch s’inscrit donc dans une série de procédures visant des candidats qui tentent de rester en lice après la suppression de la liste fédérale. Les autorités régionales examinent séparément les situations individuelles, tandis que le parti ne peut plus concourir au scrutin fédéral sous sa propre liste.
Des restrictions sur les messages de campagne
Les supports audiovisuels de Iabloko font également l’objet de contrôles dans d’autres territoires. À Novgorod, le procureur Alexandre Perebeïnos a adressé un avertissement à Anna Tcherpanova, responsable de la section régionale du parti, ainsi qu’au candidat Viktor Chaliakine. La procédure concernait une vidéo et un enregistrement audio liés à la campagne.
Le parquet a déclaré y avoir identifié des éléments susceptibles de relever de l’incitation à la haine sociale, de la « discréditation des forces armées de la Fédération de Russie » et de la diffusion d’informations jugées inexactes. Après cet avertissement, la retransmission des supports sur les chaînes de télévision et les stations de radio a été interrompue.
Ces qualifications sont utilisées par les autorités russes dans le contrôle des prises de parole publiques liées à la guerre et à la politique gouvernementale. Dans le cas de Novgorod, elles ont été appliquées à des contenus de campagne attribués à des représentants et à un candidat de Iabloko. À Saint-Pétersbourg, la commission électorale a, pour sa part, limité sa démarche au signalement du clip au parquet, dans l’attente d’une vérification.
Les candidats engagés dans les circonscriptions uninominales doivent ainsi défendre leur inscription et leurs supports de campagne dans des procédures distinctes. La suppression de la liste fédérale n’a pas automatiquement mis fin à toutes les candidatures locales, mais elle a retiré au parti son accès au volet fédéral du scrutin. Les contestations ultérieures portent sur les candidats eux-mêmes, leurs déclarations administratives ou les contenus diffusés dans le cadre de l’élection.
Une présence locale sous contrôle
La succession des décisions concernant Iabloko est suivie par les organisations et responsables de l’opposition russe comme un indicateur du niveau d’accès laissé aux formations non alignées sur le pouvoir. Le parti est identifié comme une force opposée à la guerre et critique du Kremlin. Ses candidats affirment toutefois poursuivre des campagnes centrées sur des enjeux de circonscription lorsque leur inscription n’a pas été annulée.
Les autorités électorales disposent d’un rôle central dans cette séquence. Elles enregistrent les candidats, contrôlent les documents de campagne et peuvent transmettre aux procureurs les contenus qu’elles estiment contraires à la loi. Les tribunaux sont ensuite saisis dans plusieurs dossiers de candidature. Le recours à ces mécanismes permet de traiter séparément la liste fédérale et les candidatures individuelles, avec des décisions différentes selon les circonscriptions.
Le parti communiste, cité dans les éléments de contexte aux côtés de Iabloko, est lui aussi présenté comme confronté à des obstacles administratifs et juridiques, sans qu’un cas précis ne soit détaillé dans le dossier concernant la candidate de Saint-Pétersbourg. Pour Iabloko, les procédures mentionnées concernent à la fois la décision de la Cour suprême, les vérifications sur les candidatures uninominales et le contrôle des matériels de propagande électorale.
L’affaire d’Olga Iourkevitch reste suspendue aux conclusions du parquet et à une éventuelle procédure judiciaire. Dans l’intervalle, le clip de 30 secondes ne peut pas être diffusé par les médias, tandis que la candidate demeure au centre de la vérification engagée par la commission électorale de Saint-Pétersbourg.