En juillet, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, avait rejeté la demande d’autorisation pour le système de conduite autonome supervisée de Tesla, invoquant des préoccupations concernant la sécurité. Toutefois, deux mois plus tard, il a annoncé un feu vert pour des essais sur routes avec deux véhicules équipés du FSD (Full Self-Driving). Ce revirement ne provient pas d’une amélioration technologique, mais plutôt d’une évaluation des données par les autorités françaises, rapporte TopTribune.
Les raisons initiales du refus : deux obstacles majeurs
Le refus initial reposait sur deux préoccupations cruciales : le risque de dépassement des limitations de vitesse par le système et la possibilité d’une baisse de vigilance du conducteur. Le FSD supervisé autorise le véhicule à gérer sa direction, son accélération et son freinage sans intervention constante de l’humain, soulevant ainsi des inquiétudes quant à la sécurité pour les autorités françaises.
La crainte principale était que le FSD puisse donner au véhicule l’impulsion de dépasser les vitesses autorisées. Cependant, les données fournies par Tesla montrent que dans 98 % des cas où le FSD excède la limite affichée, il reste conforme à la vitesse du trafic environnant, imitant ainsi le comportement des conducteurs traditionnels.
Le second obstacle concernait la vigilance du conducteur, étant donné que le FSD supervisé n’est pas entièrement autonome. Le conducteur doit rester attentif à la route et être prêt à reprendre le contrôle. En France, cette exigence de surveillance humaine représente une condition essentielle pour toute autorisation de test, comme l’a confirmé Philippe Tabarot après son entretien avec Elon Musk.
Comment Tesla a convaincu : l’impact des données
Entre juillet et septembre, Tesla a mis à disposition un grand nombre de données pour persuader les régulateurs européens que le FSD supervisé contribue à une meilleure sécurité routière. Trois séries de chiffres ont particulièrement attiré l’attention.
Les véhicules de la marque dotés du FSD ont parcouru 3 milliards de kilomètres en Amérique du Nord en 2025, offrant ainsi des insights précieux sur le comportement du système dans divers contextes. Selon Tesla, le FSD pourrait réduire entre 40 et 69 % les collisions graves comparées à une conduite manuelle avec des systèmes d’assistance.
Les données indiquent que le FSD suit la circulation dans 98 % des cas où il dépasse les limitations de vitesse, se comportant avec une similarité notoire aux conducteurs humains.
Depuis avril 2026, le FSD a été évalué dans cinq pays d’Europe, ayant parcouru 1,6 million de kilomètres sans incident majeur. À partir de plus de 230 000 situations rencontrées dans six villes, y compris Paris, le système a affiché un taux de réussite de 99 %. Ces informations sont présentées dans le « FSD Evidence Dashboard », un document élaboré par Tesla pour convaincre les instances européennes.
Essais sur route : conditions de l’autorisation française
L’autorisation des essais en France ne signifie pas une validation totale, mais plutôt un cadre d’essais en vue d’une potentielle homologation élargie.
Deux véhicules Tesla équipés du FSD supervisé seront en circulation sur les routes françaises. Les conducteurs devront rester attentifs et garder les mains sur le volant. Philippe Tabarot a précisé que ces essais constituent une étape significative : évaluer le système dans des conditions réelles.
Ces essais s’inscrivent dans une stratégie plus vaste, en vue d’un vote européen prévu en octobre 2026 concernant l’homologation du FSD. Si le résultat du vote est positif, le système pourrait être intégré dans tous les pays de l’Union. En permettant ces essais dès septembre, la France souhaite s’impliquer activement dans le débat réglementaire.
Et après ? Le calendrier jusqu’à octobre 2026
Dans un mois, les autorités européennes devront rendre leur décision. Cinq pays ont déjà donné leur accord pour le FSD, favorisant une dynamique positive. La France, qui était initialement réservée, s’engage désormais dans ce mouvement. L’enjeu va au-delà de Tesla : il s’agit d’établir un cadre européen pour la conduite autonome supervisée, jonglant entre innovation et sécurité. Le vote d’octobre déterminera si l’Europe suit ou impose ses propres conditions. En attendant, deux Tesla circulent déjà sur nos routes, sous la surveillance attentive de leurs conducteurs et des autorités françaises.