En Belgique, l’évolution vers les véhicules électriques et hybrides connaît une dynamique impressionnante : en l’espace de cinq ans, leur part a grimpé de 3 % à 20 %. Néanmoins, cette transition vers une mobilité plus écoresponsable suscite des inquiétudes quant à la sécurité, qui doivent être traitées collectivement par l’Europe. Une étude réalisée par Vias souligne que l’absence de normes sonores uniformes pourrait exposer les usagers vulnérables à de nouveaux risques, rapporte TopTribune.
La transition électrique et ses enjeux sécuritaires
Le passage à des véhicules électriques en Europe gagne en vitesse. Cependant, l’étude de Vias démontre qu’environ 42 % des accidents impliquant des voitures électriques touchent des piétons ou des cyclistes, contre seulement 27 % pour tous les autres véhicules. Cette différence de 15 points révèle une surreprésentation de 55 %, attribuée au fonctionnement silencieux des moteurs électriques à basse vitesse.
En Belgique, de 2021 à 2026, le nombre de voitures électriques et hybrides a été multiplié par sept, ce qui augmente les risques pour les usagers vulnérables, notamment en milieu urbain. À faible vitesse, les moteurs à combustion émettent environ 55 décibels, alors que les systèmes de signalisation sonore (AVAS) des véhicules électriques présentent des variations significatives d’intensité, rendant certains quasiment inaudibles.
Vias a mené une expérience sur un circuit en testant cinq véhicules et a impliqué 70 participants, dont 35 malvoyants. À une vitesse de 20 km/h, une voiture hybride sur cinq n’a pas été perçue à temps, et à 10 km/h, 38 % des véhicules sont restés indétectables. Ces résultats mettent en lumière un angle mort sensoriel, rendant chaque traversée dangereuse pour les personnes malvoyantes.
Les insuffisances de la réglementation en vigueur
L’Union européenne impose l’intégration de systèmes AVAS sur les véhicules électriques pour compenser l’absence de bruit moteur à faible vitesse. Toutefois, cette réglementation ne précise qu’un niveau sonore minimum sans établir un type de son ou son intensité adéquates dans les zones urbaines.
Les fabricants créent leurs propres signaux sonores, entraînant une cacophonie réglementaire. Les niveaux sonores peuvent varier de manière conséquente, compliquant la tâche des piétons qui peinent à identifier un bruit distinctif, à l’inverse des moteurs thermiques, qui garantissent une identification immédiate.
Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité en Belgique, insiste sur la nécessité d’assurer une transition sécurisée vers un mode de transport plus propre. La diversité des normes entre pays menace la sécurité des usagers, tandis qu’une harmonisation à l’échelle européenne permettrait de standardiser les signaux sonores, en abaissant les coûts et en améliorant la sécurité dans l’ensemble.
Avis de Vias pour la capitale belge
L’institut Vias propose deux recommandations majeures : d’une part, augmenter le seuil sonore minimal des AVAS afin d’assurer une détection fiable jusqu’à 20 km/h, et d’autre part, standardiser le type de bruit émis pour que tous les véhicules électriques produisent un signal immédiatement reconnaissable.
Khadija Tamditi, de la Ligue Braille, appuie cet appel à l’harmonisation pour maximiser l’efficacité des AVAS et afin d’inclure chacun dans cette transition vers une mobilité soutenable. L’harmonisation des systèmes AVAS engage la responsabilité collective de l’Europe envers ses citoyens les plus vulnérables. À l’instar de l’Italie, qui prend des mesures concernant les piétons distraits, Bruxelles doit anticiper les nouveaux dangers qui émergent.