Six mois après le début de la guerre contre l’Iran, Donald Trump intensifie les tensions en diffusant une vidéo manipulée par intelligence artificielle montrant l’île stratégique de Kharg entièrement détruite. Ce site clé, au cœur du golfe Persique, représente 90 % des exportations pétrolières iraniennes, rapporte TopTribune.
Cette vidéo mensongère a fait ressortir une menace réelle. Trump concentre l’attention internationale sur Kharg, un point névralgique essentiel pour l’Iran. La vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux de l’ancien président américain, montre des frappes aériennes simulées décimant les infrastructures énergétiques de l’île, ravivant les inquiétudes sur le marché mondial.
Une île hyper-fortifiée
Localisée à 26 kilomètres des côtes iraniennes, cette île de moins de 21 kilomètres carrés abrite une population d’environ 8 000 habitants et représente la majorité des capacités d’exportation pétrolière de l’Iran. Sa proximité avec le détroit d’Ormuz en fait une cible privilégiée, surtout alors que les prix du pétrole ont franchi la barre des 100 dollars (environ 92 euros) le baril, avec des prévisions pouvant atteindre 200 dollars (environ 184 euros) en cas d’aggravation du conflit.
Face à la menace américaine, Téhéran a considérablement renforcé ses défenses autour de Kharg. Des missiles sol-air ont été ajoutés et des infrastructures ont été sécurisées avec des pièges, notamment des mines antipersonnel et antichar dans les eaux environnantes. Selon des experts, la perte de cette île constituerait un coup dur pour l’économie iranienne, qui dépend à hauteur de 40 % de ces revenus.
Les risques d’une intervention militaire au sol
Si l’ancien fonctionnaire du Pentagone, Michael Rubin, estime qu’une saisie militaire pourrait priver le régime iranien des moyens nécessaires pour payer ses bureaucrates et ses soldats, la perspective d’une occupation terrestre fait débat parmi les spécialistes militaires. L’ancien commandant du Commandement central américain, Joseph Votel, met en garde sur le fait qu’une force de 800 à 1 000 soldats, bien qu’elle puisse s’emparer de l’île, serait fortement vulnérable aux frappes de missiles et de drones.
De plus, un tel engagement militaire aurait des conséquences dramatiques. Neil Quilliam, analyste chez Chatham House, avertit que toute tentative d’assaut pourrait entraîner une chute brutale des marchés. Les alliés du Golfe craignent également qu’une présence militaire américaine sur le sol iranien n’entraîne des représailles directes de Téhéran contre leurs infrastructures énergétiques et civiles.