Le groupe de hackers ZeroBytes a récemment récupéré 148,9 millions de lignes de données sur la plateforme Zéro Logement Vacant, mettant en danger les informations de 47,9 millions de propriétaires français. Des données telles que les noms, adresses, dates de naissance et identifiants fiscaux se retrouvent entre les mains de cybercriminels, suite à une attaque ayant exploité des failles de sécurité simples. Cette violation, révélée le 30 août 2026, constitue le troisième cas de piratage majeur touchant l’administration française en seulement trois mois, rapporte TopTribune.
Présentation de la plateforme Zéro Logement Vacant
Zéro Logement Vacant est une initiative numérique publique rattachée au ministère de la Ville et du Logement. Cette plateforme a pour objectif de permettre aux collectivités locales et aux services étatiques de repérer et de suivre les logements vacants afin de favoriser leur réintégration sur le marché. Les municipalités peuvent ainsi localiser les biens inoccupés, entrer en contact avec les propriétaires et proposer diverses solutions, que ce soit pour la rénovation ou la location. La plateforme regroupe des informations provenant de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et du fichier DataFoncier 2024, qui recense l’ensemble des biens immobiliers présents sur le territoire français.
Le déroulement de l’attaque
La brèche a été exploitée par les hackers via Metabase, un outil d’analyse de données servant à générer des tableaux de bord. Ils ont réussi à accéder au système grâce à une session administrateur Metabase valide, comme l’indique le pirate sur French Breaches. Une fois dans le système, ils ont eu la capacité d’explorer les bases de données, d’examiner les comptes utilisateurs et d’accéder à des informations délicates. Treize tableaux de bord étaient exposés sans authentification, révélant ainsi des adresses électroniques et des empreintes de mots de passe. La véritable faille résidait dans le fait que le mot de passe PostgreSQL de production était stocké en clair dans la connexion Metabase, permettant ainsi aux intrus de lancer des requêtes SQL directement sur la base de données hébergée par Clever Cloud.
Les victimes du piratage
Après avoir procédé à une déduplication par identifiant, il s’avère que 47,9 millions de propriétaires français sont concernés par cette violation. Ce chiffre représente une portion considérable des propriétaires dans le pays, comme l’indique l’INSEE, qui souligne que 58 % des ménages sont propriétaires de leur logement principal. Les victimes comprennent une variété de propriétaires dont les données personnelles, la situation patrimoniale et les références fiscales sont désormais sous contrôle de cybercriminels. Les données volées facilitent l’usurpation d’identité, la fraude fiscale ainsi que des escroqueries immobilières avancées. Les identifiants fiscaux, en conjonction avec les adresses et dates de naissance, rendent la création de comptes bancaires frauduleux et la souscription à des crédits peu compliquées. Ce piratage s’ajoute à l’attaque sur le fisc qui avait déjà compromis les données de 678 000 personnes entre juin et juillet 2026.
Les attaques répétées contre l’administration française
Depuis la fin juin 2026, ZeroBytes a ciblé à plusieurs reprises l’État français. Après avoir déjà compromis les données du fisc et de l’Éducation nationale, le groupe s’en est à présent pris au ministère du Logement. Selon La Tribune, ces cyberattaques mettent en lumière des failles structurelles au sein de l’infrastructure numérique du gouvernement, notamment en matière de gestion des secrets techniques, de sécurité des outils d’administration et de contrôle des accès privilégiés. Le piratage des données fiscales avait déjà soulevé des préoccupations quant à la sécurité des systèmes administratifs, particulièrement avec l’échéance imminente de la facturation électronique.