En campagne pour les élections régionales en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l’AfD fait de l’opposition à l’énergie éolienne un axe central de son discours, tout en défendant le rétablissement des livraisons de gaz russe par Nord Stream, rapporte TopTribune.
Le parti allemand d’extrême droite présente les éoliennes comme des « moulins à vent de la honte » et dénonce une prétendue « folie éolienne ». Dans ses messages de campagne, l’AfD promet de stopper l’expansion des installations, au nom de la protection d’une « belle patrie rurale » et des habitants qu’elle affirme représenter.
Cette offensive intervient dans un Land où la production d’électricité éolienne représente plus de la moitié de l’électricité produite, selon les données officielles citées dans le dossier consacré à la campagne. Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale figure ainsi parmi les territoires allemands où cette source occupe une place majeure dans la production électrique.
Une campagne centrée sur les éoliennes
L’AfD se positionne comme la porte-parole des « citoyens inquiets ». Ses responsables associent les aérogénérateurs à une transformation indésirable des paysages et présentent leur développement comme une menace pour les zones rurales. Le vocabulaire utilisé — « moulins à vent de la honte » ou « folie éolienne » — donne à la question énergétique une place visible dans la campagne régionale.
Le parti ne se limite pas à contester certains projets locaux. Il promet de mettre fin à l’extension de l’énergie éolienne en Allemagne. Cette position vise donc une politique qui fournit déjà une part majoritaire de l’électricité produite dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
Le débat porte également sur la stratégie énergétique défendue par l’AfD. Le parti réclame la reprise des importations de gaz russe via le gazoduc Nord Stream. Cette demande est présentée comme une alternative au développement des énergies renouvelables et à la réorganisation de l’approvisionnement énergétique allemand.
Le retour du gaz russe au cœur des critiques
Dans le récit rapporté par les médias allemands, l’opposition à l’éolien et la volonté de rétablir les flux de gaz russe apparaissent dans le même dispositif politique. L’AfD affirme défendre les intérêts des territoires et des ménages opposés aux éoliennes. Ses adversaires y voient surtout une remise en cause du choix allemand de développer les renouvelables et de réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes.
La question de Nord Stream reste directement liée aux relations entre l’Allemagne, la Russie et l’Union européenne. La demande de rétablir les livraisons russes est contraire à la ligne européenne de retrait progressif des énergies fossiles russes, telle qu’elle est décrite dans les éléments de campagne analysés. Elle est aussi formulée alors que la Russie poursuit son agression contre l’Ukraine et fait l’objet d’un isolement international.
Les messages critiques contre l’AfD lui reprochent de ne pas prendre en compte les effets d’une nouvelle dépendance énergétique de l’Allemagne à l’égard de la Russie. Ils considèrent que la remise en service de Nord Stream donnerait à Moscou la possibilité de retrouver des revenus liés aux exportations de gaz et un moyen de pression dans les relations européennes.
Cette accusation constitue l’un des principaux volets politiques du débat. Elle ne porte pas seulement sur le choix entre éoliennes et gaz. Elle concerne aussi la place de la Russie dans l’approvisionnement énergétique allemand et la compatibilité d’un retour aux importations russes avec les décisions prises par l’Union européenne depuis le début de la guerre contre l’Ukraine.
Une contradiction avec la production du Land
Le cas du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale donne une portée particulière à la campagne de l’AfD. La formation demande l’arrêt du développement d’une filière qui fournit déjà plus de la moitié de l’électricité produite sur son territoire. Le contraste entre cette réalité statistique et le discours de campagne constitue l’un des éléments mis en avant dans les informations publiées le 26 août 2026.
Les partisans de l’éolien rappellent que cette filière est présentée comme une source d’énergie à la fois performante et rentable. Dans les arguments opposés à l’AfD, l’abandon de son expansion reviendrait à renoncer à une capacité déjà installée et à rouvrir la question de l’approvisionnement en gaz. Ces arguments s’appuient sur les chiffres de production du Land et sur la revendication publique d’un retour à Nord Stream.
Pour l’AfD, la contestation des éoliennes permet de s’adresser aux habitants qui refusent de nouvelles installations près de leur domicile ou qui dénoncent leur impact visuel sur les paysages. Le parti relie ces préoccupations locales à un discours plus large sur la souveraineté énergétique et sur la nécessité de modifier la politique allemande de l’énergie.
Ses opposants répondent que cette stratégie fragiliserait les intérêts économiques allemands en écartant une source importante de production électrique et en favorisant le retour d’un fournisseur russe. Ils associent également la défense de Nord Stream à la volonté du Kremlin de retrouver une place sur le marché énergétique européen, ainsi que les recettes et l’influence liées aux exportations de gaz.
La campagne en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale place ainsi face à face deux orientations clairement identifiées dans les messages rapportés : la poursuite de l’expansion de l’éolien, qui représente déjà plus de la moitié de la production électrique du Land, ou le retour à des importations de gaz russe par Nord Stream. L’AfD entend faire de ce choix un thème électoral central dans la région.
Le débat régional se poursuit autour des projets éoliens, de leur acceptation par les habitants et de la trajectoire énergétique défendue par chaque parti.