Un Italien a été condamné à 28 mois de prison pour avoir construit un faux théâtre antique à Arcugnano, au nord de l’Italie, trompant des touristes pendant des années. Le site, fabriqué en plâtre et papier mâché, doit être démoli, mais le coût de cette opération suscite des débats, rapporte TopTribune.
Pendant des années, des touristes ont payé la modique somme de 40 euros pour visiter ce qu’ils pensaient être un vestige de l’Antiquité. Sur les hauteurs d’Arcugnano, près de Vicence, un imposant théâtre à ciel ouvert semblait avoir traversé les siècles. En réalité, tout avait été fabriqué à coups de plâtre et de papier mâché.
Cette supercherie est celle de Franco Malosso, un Italien de 69 ans, qui entreprend en avril 2016 de construire sur une parcelle de 5 000 m² ce qu’il présente comme un ancien site archéologique. Des gradins en pierre, des colonnes en ciment, des statues en plâtre et même un bassin sont installés sur la colline. Les pierres sont volontairement travaillées et vieillies pour donner au lieu une apparence ancienne.
Fréquenté par Jules César et la reine d’Égypte
Aux curieux, Franco Malosso raconte que le site conservait des traces du Néolithique, de la Grèce antique et de la Rome antique. Lors des visites guidées, l’Italien racontait que Jules César était venu avec Cléopâtre assister à des spectacles à son retour d’Égypte. La notoriété du site parvient à convaincre la municipalité et un guide touristique financé par l’Union européenne !
L’histoire commence à se fissurer en 2016 lorsque le conseil municipal d’Arcugnano signale le site en déposant plainte. Mandatés sur les lieux, de véritables archéologues découvrent rapidement que les constructions sont modernes et qu’aucun vestige archéologique n’est présent sous la colline.
Papier mâché, fibre de verre, ciment, béton et statues de plâtre… Tous les matériaux y sont passés ! Et cerise sur le gâteau : le chantier a été réalisé sans les autorisations urbanistiques et paysagères nécessaires. « L’idée même est insensée », a déclaré Darius Arya, archéologue et directeur d’Ancient Rome Live, qualifiant le plan de « diabolique » et de « terrible ».
Une démolition coûteuse
Après 10 années de procédure judiciaire, la justice italienne finit par retenir la construction illégale et la falsification d’œuvres d’art. Franco Malosso a écopé de 28 mois d’emprisonnement, d’une amende de 3 000 euros et 3 500 euros de frais de justice.
Placé sous séquestre, le faux théâtre romain devra être démoli. En revanche, le coût des travaux suscite la controverse : « Je serais navré de voir l’argent du contribuable servir à supprimer une telle chose », a déclaré Darius Arya. Le maire d’Arcugnano a affirmé auprès de La Repubblica qu’il ne verserait pas un centime d’argent public pour cela. Pour l’instant, le décor de cette étonnante imposture est toujours debout.