Dominique de Villepin renoue avec la politique en s’engageant dans la culture
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac et probable candidat à l’élection présidentielle de 2027, fait un retour marquant sur la scène politique en s’appuyant sur des recommandations musicales sur les réseaux sociaux. Cette démarche suscite des avis partagés parmi les experts, qui s’interrogent sur son efficacité, rapporte TopTribune.
Écarté du pouvoir depuis deux décennies, de Villepin, Premier ministre entre 2005 et 2007, a initié son mouvement, La France Humaniste, en juin 2025. Cette initiative pourrait le propulser en tant que candidat à l’élection présidentielle de 2027.
S’appuyant sur son plaidoyer à l’ONU en 2003 contre l’intervention militaire en Irak, il tente de capitaliser sur une image d’indépendance vis-à-vis des puissances étrangères. Sa position sur divers sujets, notamment la guerre au Moyen-Orient, lui a valu une certaine admiration, allant jusqu’à des applaudissements durant la Fête de l’Humanité en 2024.
Une stratégie numérique ciblant les jeunes électeurs
Dans les récentes enquêtes d’opinion, Villepin figure à la sixième place des personnalités politiques les plus appréciées des Français, selon le baromètre Ifop-Fiducial. Fort de cette popularité, il déploie une stratégie numérique visant une audience plus jeune, créant l’impression qu’il est « pas candidat mais en campagne ».
Il n’hésite pas à partager ses goûts musicaux sur ses réseaux sociaux, notamment à travers des vidéos. Gaspard Gantzer, ancien conseiller communication de François Hollande, souligne que cette approche rappelle celle de Barack Obama qui partage également ses recommandations culturelles.
Une tentative de réhumanisation de son image?
Ariane Ahmadi, experte en communication, précise que son objectif est de briser son image « trop sérieuse ». Elle estime que Villepin, en mettant en avant des artistes comme Frank Ocean, essaie de rassembler un capital sympathie qu’il lui manque actuellement.
Récemment, il a mis en avant le titre « Bad Religion » de Frank Ocean, louant la capacité de l’artiste à transformer la pudeur en intensité. Bien que salué par certains journalistes, ce choix musical est critiqué par d’autres comme étant trop élitiste pour réellement toucher un large public.
Une candidature répondant à un besoin d’expérience
Pour l’instant, Villepin n’est pas encore candidat, mais son projet pourrait s’inscrire dans la recherche d’un nouveau souffle à la politique française. Gaspard Gantzer insiste sur le fait qu’il a « sans doute une chance », car le paysage politique actuel est très incertain. Il met en avant le besoin de séniorité et d’expérience qui pourrait profiter à Villepin dans cette campagne.
Alors que les sondages suggèrent qu’il pourrait ne récolter que 2,5 % à 3,5 % des intentions de vote, Gantzer considère que Villepin pourrait encore tirer parti de son expertise en relations internationales, un enjeu majeur pour la prochaine élection. Les dés sont lancés pour une campagne qui promet d’être riche en enjeux.