Découper une ancienne carte bancaire avec des ciseaux, un geste que beaucoup considèrent comme normal, présente aujourd’hui un risque réel. En effet, la lame peut accidentellement endommager la micro-batterie au lithium intégrée dans certaines cartes modernes, entraînant ainsi un court-circuit susceptible de libérer du fluorure d’hydrogène, une substance particulièrement nocive pour les voies respiratoires et la peau. Bien que ce risque soit rare, les conséquences, telles que brûlures et irritations, peuvent s’avérer graves, rapporte TopTribune.
Ce fait surprend ceux qui ont appris, par la tradition familiale, qu’il ne faut jamais se débarrasser d’une carte sans l’avoir préalablement découpée en morceaux. Cette règle avait cours à une époque où le principal risque résidait dans une simple puce, une bande magnétique et un numéro imprimé.
Des composants électroniques dissimulés sous le plastique
Les cartes bancaires modernes n’ont plus rien à voir avec celles des années 1990. Depuis l’introduction des premières cartes avec cryptogramme dynamique, l’ajout de nouveaux composants électroniques est devenu monnaie courante. Le code CVV traditionnel, ces trois chiffres figurant au verso, est progressivement remplacé par un cryptogramme généré aléatoirement et mis à jour chaque heure, bénéficiant ainsi d’une technologie destinée à rendre celui-ci inutile en cas de vol de données.
Pour fonctionner, certaines de ces cartes intègrent un écran e-paper, une antenne NFC et une micro-batterie au lithium. Ce type de carte entre dans la catégorie des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), tout comme un smartphone ou un appareil électroménager connecté. Les banques l’indiquent clairement dans leur documentation : il ne faut ni plier, ni couper, ni brûler, ni percer la carte, et encore moins la jeter à la poubelle.
L’illusion de sécurité exploitée par des escrocs
Découper une carte ne garantit pas une protection complète contre le piratage. Les données textuelles, tels que le numéro et la date d’expiration, demeurent souvent lisibles sur les morceaux, et des fraudeurs expérimentés peuvent parfois reconstituer des segments de puce ou de bande magnétique. Ces informations permettent d’effectuer des achats en ligne, où la présence physique de la carte n’est pas nécessaire.
Des escrocs exploitent même cette fausse sécurité. Se faisant passer pour des agents bancaires par téléphone, ils incitent leurs victimes à découper leur carte avant qu’un prétendu coursier ne vienne récupérer les morceaux à domicile, sous prétexte de sécurisation. Convaincues que la carte fragmentée ne comporte plus de risque, les victimes s’exécutent, laissant échapper sans le savoir des données toujours exploitables.
Au-delà des préoccupations de sécurité, se posent aussi les questions du recyclage. Bien qu’une carte ne pèse que quelques grammes, elle contient de petites quantités d’or, de cuivre, de palladium, de nickel et d’argent. Multipliées par le nombre de cartes en circulation, ces quantités deviennent des ressources précieuses, perdues si la carte est simplement jetée.
La démarche à suivre est simple : il est préférable de rapporter sa carte périmée à une agence, où les banques disposent des infrastructures nécessaires pour broyer ces composants en toute sécurité tout en recyclant les matériaux, ou d’utiliser l’enveloppe de retour fournie par l’établissement. À défaut, un point de collecte dédié aux petits appareils électroniques dans un magasin conviendra également.