Lev Chlosberg, vice-président du parti Iabloko, le seul parti russe enregistré s’opposant à l’agression militaire, a été condamné à onze ans de prison pour avoir dénoncé l’offensive en Ukraine. Ce verdict a été prononcé le lundi 17 août par un tribunal de Pskov, en Russie, et s’inscrit dans un climat de répression croissante à l’encontre des voix dissidentes. Ce dernier a été reconnu coupable de diffusion de fausses informations et d' »actions publiques » visant à discréditer l’armée russe, rapporte TopTribune.
Chlosberg, âgé de 63 ans, est une figure emblématique de l’opposition libérale en Russie. Il a été poursuivi pour avoir partagé un article sur Telegram en février 2022, et pour avoir appelé à un cessez-le-feu durant un débat public. Le parti Iabloko a condamné cette décision en qualifiant la situation de « tragédie de la désintégration de la justice russe contemporaine ».
Réaction en salle d’audience
Lors de son procès, Lev Chlosberg est apparu en jeans et chemise blanche, tenant la main de sa femme et tenant un paquet de lettres de soutien. À l’annonce du verdict, des partisans présents dans la salle ont crié « honte », témoignant de leur indignation. Face à la juge, Chlosberg n’a pas caché son chagrin, exprimant : « Je vous plains, votre Honneur ! Vous devrez vivre avec cela ! ».
Une voix de l’opposition qui persiste
Iabloko, qui se positionne comme un parti libéral et pacifiste, a annoncé son intention de faire appel de cette condamnation. Selon Amnesty International, cette décision représente des « représailles flagrantes » contre l’une des rares figures de l’opposition toujours présente en Russie depuis le déclenchement du conflit. L’organisation souligne que Lev Chlosberg est puni pour son exercice de la liberté d’expression, tout en appelant à la paix en Ukraine.
Parallèlement, le gouvernement russe intensifie sa pression sur le parti. Un autre membre de Iabloko, Maxime Krouglov, a déjà été condamné à sept ans de prison pour des motifs similaires. En outre, la Cour suprême a confirmé l’interdiction du parti de participer aux élections législatives de septembre, renforçant ainsi les mesures restrictives à l’encontre des voix critiques.
En marge du procès, des dizaines de personnes ont été arrêtées lors d’un rassemblement de soutien à Iabloko, reflétant le climat d’intimidation et de contrôle qui prévaut en Russie depuis le début du conflit en Ukraine. Cette situation soulève des inquiétudes quant à l’état des droits humains et de la liberté d’expression dans le pays.