Le Premier ministre hongrois remet en cause le projet nucléaire russe Paks-2
Le Premier ministre hongrois remet en cause le projet nucléaire russe Paks-2

Le Premier ministre hongrois remet en cause le projet nucléaire russe Paks-2

15.08.2026 16:45
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Le Premier ministre hongrois Péter Magyar a mis en doute la viabilité de l’accord conclu avec la Russie pour construire deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire de Paks, un projet signé sous son prédécesseur Viktor Orbán et confié à Rosatom, rapporte TopTribune.

Les déclarations de Péter Magyar, rapportées le 13 août 2026 par Politico, ouvrent la voie à un examen approfondi du projet Paks-2. Le chef du gouvernement hongrois a contesté les assurances d’Alexeï Likhatchiov, dirigeant de Rosatom, selon lesquelles le groupe public russe respecterait toujours le calendrier prévu pour la construction des deux réacteurs.

« Ces plans ont été approuvés alors que les centrales nucléaires qui ne fonctionnent pas avec un système de refroidissement fermé et qui dépendent de leur environnement ne sont plus construites dans le monde », a déclaré Péter Magyar. Le Premier ministre hongrois faisait référence aux caractéristiques techniques du projet et à la dépendance de la centrale aux ressources en eau disponibles.

Un calendrier qui n’a pas été respecté

L’accord entre la Hongrie et Rosatom a été signé en janvier 2014 par le gouvernement de Viktor Orbán. Il prévoit la construction de deux réacteurs de type VVER-1200, pour une puissance totale de 2,4 gigawatts. Le coût global du chantier est estimé à environ 12,5 milliards d’euros, dont jusqu’à 10 milliards doivent être couverts par un prêt d’État accordé par Moscou.

Selon Péter Magyar, le contrat initial prévoyait une mise en service de Paks-2 avant 2024. Cette échéance n’a pas été tenue. Le Premier ministre a affirmé que la Hongrie avait déjà dépensé environ 2,8 milliards d’euros pour « des entrepôts et deux grandes fosses en béton ».

« Je ne vois pas que la partie russe respecte réellement les conditions du contrat », a-t-il déclaré. Le gouvernement hongrois mène désormais une analyse complète du projet. Elle doit porter sur son financement, son coût, ses conditions de réalisation et ses paramètres techniques, selon les éléments communiqués dans le cadre de cette remise en question.

Rosatom présente une situation différente. Alexeï Likhatchiov a déclaré que les travaux de béton du cinquième réacteur étaient réalisés à plus de 80 %. Le groupe affirme également que les travaux du sixième réacteur progressent et que la fabrication de composants destinés au réacteur a déjà commencé.

Un projet marqué par les retards et les procédures européennes

La réalisation de Paks-2 a été accompagnée de retards prolongés, de différends juridiques avec des autorités de régulation de l’Union européenne et de réserves environnementales concernant le système de refroidissement. Malgré l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, la Hongrie a longtemps défendu la poursuite de sa coopération avec Rosatom.

Le projet devait permettre d’augmenter la capacité de la seule centrale nucléaire hongroise. Les deux unités nouvelles auraient représenté 2,4 gigawatts supplémentaires, mais elles ne sont pas entrées en exploitation dans les délais initialement annoncés. Les sommes engagées et l’état d’avancement revendiqué par les deux parties font désormais partie des éléments examinés par le gouvernement de Péter Magyar.

La nouvelle équipe au pouvoir peut ainsi revoir les décisions énergétiques prises sous Viktor Orbán, sans qu’une décision formelle d’abandon ou de résiliation de l’accord n’ait été annoncée dans les informations disponibles. L’examen en cours doit notamment permettre de vérifier la conformité des dépenses, des contrats et des choix techniques avec les engagements pris par l’État hongrois.

Le Danube au centre des interrogations sur le refroidissement

Le débat sur Paks-2 a été relancé par les conditions météorologiques observées en Hongrie. Plusieurs semaines de chaleur extrême et de sécheresse ont entraîné un niveau historiquement bas du Danube. La production de la centrale actuelle de Paks, qui fournit environ un tiers de l’électricité du pays, a diminué de plus de 10 %.

Cette centrale utilise l’eau du Danube pour son refroidissement. La baisse du débit a donc placé la disponibilité de la ressource en eau au cœur des discussions sur la continuité de la production nucléaire et sur les caractéristiques des futures installations. Péter Magyar a fait de cette question un élément de sa critique du projet conclu avec Rosatom.

Les difficultés de Paks-2 ne se limitent pas à son calendrier. Elles concernent aussi le financement du chantier, la répartition des responsabilités contractuelles et l’adéquation entre les travaux réalisés et les sommes déjà engagées. Le gouvernement hongrois doit encore rendre publiques les conclusions de son analyse et préciser les suites qu’il entend donner à l’accord.

La question porte également sur la place des technologies et des crédits russes dans la stratégie énergétique hongroise. À ce stade, Budapest n’a pas annoncé de nouvelle architecture pour le projet ni de partenaire de remplacement. Les travaux et les déclarations contradictoires de Rosatom restent donc au centre du dossier Paks-2.

Le futur de l’extension de la centrale dépendra des résultats de l’examen engagé par le gouvernement hongrois et des décisions qui seront prises sur le contrat, le financement et les conditions techniques du chantier.

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