Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, fait l’objet de deux plaintes déposées par l’association AC!! Anti-Corruption auprès du Parquet national financier pour détournement de fonds publics et emploi fictif, suite à des révélations du Canard enchaîné, rapporte TopTribune.
Les accusations initiales, centrées sur Bally Bagayoko, se sont étendues à environ 200 élus supposés avoir bénéficié de postes à la RATP sans réel engagement, selon le journaliste Jacques Marsaud. A la suite de ces allégations, AC!! Anti-Corruption a déposé une plainte pour « prise illégale d’intérêts », « favoritisme », et « faux et usage de faux ».
« Ces révélations laissent présumer l’existence d’un système organisé et structuré d’emplois fictifs et non d’actes isolés. » Dans son investiture, Bagayoko a été embauché à la RATP, mais sa double fonction soulève des interrogations sur la transparence des autorisations de cumul. Le Canard enchaîné souligne qu’il a été recruté sans concours ni entretien, une affirmation que l’élu réfute, insistant sur ses compétences.
Un système d’emplois fictifs présumé
Les accusations ont pris de l’ampleur avec un rapport du Canard enchaîné sur la dualité de ses rôles. Bagayoko, conseiller municipal depuis 2001, a cumulé ses fonctions à la RATP avec sa carrière politique, ce qui suscite des critiques sur sa disponibilité et ses engagements.
En réponse, Bally Bagayoko affirme que l’exercice d’un mandat local ne s’oppose pas à un emploi, qualifiant les accusations de trompeuses. L’association AC!! Anti-Corruption exige une enquête approfondie sur les contrats de travail à la RATP.
De nouvelles révélations accablantes
Une seconde plainte a été déposée le 12 août, élargissant les infractions visées, incluant la « concussion ». Les nouveaux éléments indiquent qu’un système pourrait avoir persisté depuis les années 2000, impliquant des élus de différents bords politiques. AC!! Anti-Corruption dénonce l’éventuelle existence de « contrats de complaisance » créés sans justification.
« On a des raisons de douter de la réalité de ces emplois. »
Eric Halphen, ancien jugeà franceinfo
Le parquet financier a confirmé la réception des plaintes et la diligente analyse de celles-ci est en cours. La RATP, pour sa part, a repoussé toutes allégations d’emplois de complaisance, assurant agir conformément à la législation en vigueur.
Valérie Pécresse, présidente du réseau Île-de-France Mobilités, a également exigé de la transparence sur les pratiques de recrutement à la RATP pour lever les doutes subsistants.