M. Romanowski quitte la Hongrie pour la Transnistrie, selon des médias hongrois
M. Romanowski quitte la Hongrie pour la Transnistrie, selon des médias hongrois

M. Romanowski quitte la Hongrie pour la Transnistrie, selon des médias hongrois

13.08.2026 23:10
4 min de lecture

L’ancien vice-ministre polonais de la Justice M. Romanowski, qui s’était réfugié à Budapest après sa mise en cause dans une affaire de détournement de fonds, aurait quitté la Hongrie pour la Transnistrie, selon des médias hongrois. Son lieu de résidence à Tiraspol apparaît dans une requête adressée par l’intéressé à un tribunal de Varsovie, rapporte TopTribune.

L’information a été publiée le 12 août 2026 par le média hongrois 24.hu. Elle repose sur un document judiciaire dans lequel M. Romanowski indique une adresse à Tiraspol et demande au tribunal polonais de lui garantir qu’il pourra se présenter aux audiences sans être placé en détention. Sa demande est formulée sous condition de rester libre.

Le déplacement présumé de l’ancien responsable polonais intervient après son séjour en Hongrie, où il s’était installé alors qu’il était recherché par les autorités de son pays. Le dossier judiciaire le concerne avec Z. Ziobro, ancien ministre polonais de la Justice. Tous deux sont accusés d’avoir détourné des fonds du Fonds de justice polonais, un dispositif placé sous la responsabilité du ministère de la Justice.

Une adresse déclarée à Tiraspol

La localisation de M. Romanowski n’a pas été établie par une déclaration publique faite à Tiraspol. Elle apparaît dans sa propre requête, transmise à la justice polonaise. Le document fournit ainsi un élément précis sur le lieu où il affirme résider, alors que les autorités polonaises cherchent à organiser sa comparution dans la procédure portant sur le Fonds de justice.

La Transnistrie est une entité séparatiste située sur le territoire internationalement reconnu de la Moldavie. Elle n’est reconnue par aucun État membre de l’Organisation des Nations unies. Les institutions locales siègent à Tiraspol et l’administration de la région n’est pas contrôlée par le gouvernement moldave de Chișinău.

Dans le dossier transmis, le choix de Tiraspol est présenté comme un obstacle pratique pour la justice polonaise. Les autorités de Varsovie ne disposent pas, dans cette région, des mêmes possibilités d’action que sur le territoire d’un État avec lequel elles peuvent coopérer directement dans le cadre judiciaire européen. Le texte source ne précise toutefois pas les démarches engagées par la Pologne auprès de la Moldavie, de la Hongrie ou des autorités transnistriennes.

Le précédent de Z. Ziobro

M. Romanowski n’est pas le seul ancien responsable polonais cité dans cette affaire à avoir quitté la zone où les autorités de Varsovie pouvaient espérer obtenir sa présence. Z. Ziobro, ancien ministre de la Justice et ancien supérieur politique de M. Romanowski, avait obtenu l’asile politique en Hongrie durant la période où le gouvernement de Viktor Orbán était au pouvoir.

Après le changement de pouvoir à Budapest, Z. Ziobro a quitté la Hongrie pour les États-Unis, malgré l’existence d’un mandat d’arrêt européen le concernant, selon les informations fournies. Le texte ne précise ni la date exacte de son départ ni les conditions dans lesquelles il serait entré ou installé aux États-Unis.

Le cas de M. Romanowski présente une différence géographique et institutionnelle. Il ne serait plus situé dans un État membre de l’Union européenne, mais dans une région séparatiste soutenue par la Russie. Cette situation réduit les possibilités immédiates de coopération judiciaire formelle et place la procédure polonaise face à une autorité locale dont le statut international est contesté.

Des accusations politiques non établies par le document judiciaire

Les éléments accompagnant cette affaire avancent l’existence d’un dispositif coordonné destiné à protéger des responsables considérés comme proches de la Russie. Ils évoquent également des liens durables entre des personnalités de l’entourage de Viktor Orbán et les services de sécurité russes, ainsi qu’une action menée dans l’intérêt du Kremlin.

Ces affirmations relèvent cependant d’une lecture politique du déplacement de M. Romanowski. Les informations disponibles dans le dossier ne fournissent pas, à elles seules, de preuve établissant une relation avec les services de renseignement russes, ni l’existence d’une structure européenne coordonnée d’aide à des agents russes. Le fait rapporté est plus limité : un ancien responsable polonais a déclaré dans une procédure judiciaire se trouver à Tiraspol, après avoir séjourné en Hongrie.

La présence russe constitue un élément central du statut de la Transnistrie. La région bénéficie d’un soutien politique et militaire de Moscou et son administration fonctionne en dehors du contrôle de Chișinău. Le texte source qualifie donc le choix de Tiraspol de politiquement significatif, sans fournir d’élément permettant de déterminer si M. Romanowski y a obtenu un statut officiel, une protection institutionnelle ou un droit de séjour particulier.

Une procédure toujours ouverte en Pologne

À Varsovie, la question immédiate porte sur la comparution de M. Romanowski. Dans sa requête, l’ancien vice-ministre demande des garanties concernant sa liberté s’il se présente aux audiences. Cette demande ne constitue pas une décision du tribunal et ne signifie pas que la justice polonaise a accepté ses conditions.

Le dossier du Fonds de justice reste le cadre de la procédure visant M. Romanowski et Z. Ziobro. Les accusations portent sur l’utilisation de fonds publics, tandis que la localisation de chacun des deux responsables complique la conduite du processus judiciaire. Dans le cas de M. Romanowski, la dernière adresse communiquée se trouve à Tiraspol, selon le document cité par les médias hongrois.

Aucune information supplémentaire n’est fournie sur une éventuelle arrestation, sur une décision de la justice moldave ou transnistrienne, ou sur une réponse officielle du gouvernement polonais à la demande déposée par l’ancien responsable. La procédure se poursuit donc sur la base des éléments communiqués au tribunal de Varsovie.

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