Le cortisol, hormone essentielle produite par les glandes surrénales, joue un rôle crucial dans la régulation de la glycémie, de la pression artérielle, du système immunitaire, et dans le maintien de l’éveil. Sa sécrétion suit un rythme circadien, atteignant son pic le matin pour faciliter le réveil, puis diminuant au fil de la journée, rapporte TopTribune.
Quel rôle pour le cortisol ?
Cette hormone se libère lors d’une réponse au stress, activant la réaction de « fuite ou combat » : le cœur s’accélère, la respiration devient plus intense, et les muscles se préparent à agir sous l’effet de l’adrénaline. En conséquence, le cortisol élève la glycémie pour fournir de l’énergie aux muscles et au cerveau. Toutefois, ce mécanisme protecteur s’avère problématique en cas de stress intense et prolongé.
Le cortisol est souvent blâmé pour différents maux : fatigue, stress, anxiété, teint terne, irrégularités dans le poids ou la libido. Son étiquetage en tant qu’« hormone du stress » en fait un coupable facile, même si cette approbation simpliste ne repose pas sur des bases scientifiques solides.
Les idées reçues à propos du cortisol s’inspirent notamment du livre de James Wilson, Adrenal Fatigue: The 21st Century Stress Syndrome (2002), qui a introduit le concept de « fatigue des glandes surrénales ». Selon cette théorie, un stress chronique épuiserait les glandes surrénales, causant fatigue, troubles du sommeil et burn-out.
La « cortisol face » n’existe pas, en dehors de quelques maladies rares
Cependant, la Société française d’endocrinologie et l’Endocrine Society américaine rejettent cette hypothèse, affirmant qu’il n’existe pas de preuve scientifique permettant d’identifier la fatigue surrénalienne comme une maladie réelle. De plus, aucun test n’est proposé pour un éventuel diagnostic.
Il est important de noter qu’un stress chronique ne entraîne pas de modifications physiques comme un « visage bouffi », souvent invoqué par des pseudo-experts. Les véritables troubles liés au cortisol, tels que le syndrome de Cushing ou l’insuffisance surrénalienne, nécessitent un diagnostic médical approfondi et une prise en charge par des professionnels spécialisés.
Il est également crucial de souligner qu’aucun complément alimentaire ou coaching de mode de vie, souvent proposés à des prix élevés, ne peut faire diminuer le niveau de cortisol. Des produits comme l’Ashwagandha, parfois qualifié de « ginseng indien », peuvent même poser des risques pour le foie ; l’ANSM déconseille ainsi son ingestion.
Concernant de tels compléments, la société américaine d’endocrinologie a averti en 2022 que la sécurité de nombreux produits vendus contre la fatigue surrénalienne aurait besoin de tests rigoureux. Ces experts mettent en garde : « Si vous prenez des compléments d’hormones surrénaliennes alors que vous n’en avez pas besoin, vos glandes surrénales risquent de s’affaiblir, ce qui pourrait mener à une insuffisance surrénalienne aiguë, une condition potentiellement mortelle. »
Le cortisol ne nécessite pas d’être « régulé »
Des recherches indiquent que, bien que des niveaux élevés de cortisol soient néfastes pour le cerveau en cas de stress durable, le corps sain ne nécessite pas de « régulation » de cette hormone. Les variations normales, qui sont une réponse naturelle aux stimuli, ne doivent pas susciter d’inquiétude.
Dans le cadre de pathologies endocriniennes identifiées, aucune preuve scientifique ne justifie d’intervention visant à modifier les niveaux de cortisol. Les mesures isolées de cortisol ne permettent pas de diagnostiquer un dérèglement psychologique, car ses niveaux fluctuent en fonction de l’heure, du sommeil, de l’alimentation et de l’activité physique. Les tests salivaires et ceux se fondant sur le microbiote ou l’alimentation sont donc à éviter, relevant frauduleusement du charlatanisme.