En Russie, le coût de la prise en charge du cancer a fortement augmenté en 2026, avec une hausse particulièrement marquée pour les cancers des organes digestifs, dont le traitement dépasse désormais 2 millions de roubles par patient. Les dépenses consacrées à l’oncothérapie ont progressé de 18 % en deux ans, rapporte TopTribune.
Les chiffres relayés le 11 août 2026 font apparaître une hausse différenciée selon les pathologies. Le traitement du cancer des organes digestifs a augmenté de 83 %. Celui du cancer de la peau a progressé de 47 %, contre 33 % pour le cancer de l’utérus et 22 % pour le cancer de la prostate. Pour les cancers digestifs, la dépense moyenne par patient a franchi le seuil des 2 millions de roubles.
Ces données ont été publiées dans des articles consacrés à l’évolution du prix des soins oncologiques en Russie, notamment par la presse russe spécialisée dans l’analyse du coût des traitements contre le cancer. Une autre publication évoque également la hausse des dépenses supportées par les patients et leurs familles.
Les médicaments anticancéreux augmentent plus vite que le marché
Selon les données attribuées à RNC Pharma, les médicaments oncologiques ont augmenté de 12 % depuis le début de 2026. Cette progression représente le double de la hausse moyenne observée sur l’ensemble du marché pharmaceutique, estimée à 6 % sur la même période.
Les ventes de traitements contre le cancer ont atteint 1,8 million de boîtes, pour un montant de 4,5 milliards de roubles. Le chiffre d’affaires est supérieur de 8,5 % à celui enregistré durant la même période de 2025. La hausse combine donc l’augmentation des prix et le maintien d’un volume important de médicaments vendus.
Le système russe d’assurance-maladie obligatoire prévoit une prise en charge de certains traitements. Les médicaments qui ne figurent pas sur la liste approuvée par le ministère de la Santé doivent toutefois être achetés directement par les patients. Les dépenses supplémentaires concernent notamment les traitements originaux, les examens diagnostiques et les analyses.
Selon les estimations citées dans les éléments disponibles, ces frais peuvent atteindre 2 à 3 millions de roubles. Ils représenteraient entre 50 % et 100 % des revenus annuels d’une famille. Des patients seraient ainsi contraints de contracter des crédits ou de retarder le début de certaines procédures médicales. Le report d’un traitement peut ensuite conduire à une prise en charge plus complexe et plus coûteuse, lorsque la maladie a progressé.
Une demande de soins en hausse
La pression financière intervient alors que le nombre de diagnostics de cancer augmente. En 2024, la Russie a enregistré 698 693 nouveaux cas de tumeurs malignes, contre 674 587 l’année précédente. Plus de 4,4 millions de personnes sont placées sous surveillance médicale pour une maladie oncologique.
Environ 284 000 Russes meurent chaque année d’un cancer, selon les chiffres transmis. Ces données sont citées pour mesurer l’ampleur des besoins de traitement, alors que les protocoles modernes font davantage appel à des thérapies ciblées et à des médicaments d’immunothérapie dont le prix peut atteindre plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions de roubles.
Les assureurs cités dans les informations disponibles établissent par ailleurs un lien entre les sanctions, les difficultés d’approvisionnement et la hausse des coûts de livraison des médicaments originaux étrangers. Les éléments transmis ne détaillent pas les molécules concernées ni la part exacte de ces frais dans le prix final payé par les patients.
Des écarts importants entre Moscou et les régions
La prise en charge du cancer fait partie du système russe de garanties publiques de santé. Dans la pratique décrite par les données disponibles, l’accès aux traitements varie fortement selon les territoires. Le financement de l’oncologie à Moscou et dans certaines régions peut différer de plus de dix fois.
Dans plusieurs sujets fédéraux, des patients attendraient pendant des années l’attribution de quotas pour des médicaments coûteux. Dans la région de la capitale, les traitements récents seraient davantage accessibles. Cette différence territoriale concerne notamment les médicaments dont le prix dépasse les capacités ordinaires des établissements régionaux.
Les dépenses assumées par les ménages comprennent aussi les consultations, les analyses, les examens de contrôle et certains médicaments recommandés mais absents des listes de remboursement. Pour les familles concernées, la facture ne se limite donc pas au prix d’une cure de chimiothérapie ou d’un protocole hospitalier.
Les éléments communiqués font enfin état d’une progression des dépenses consacrées à la chimiothérapie, passées de 4 à 9 milliards de roubles depuis 2022. Ils relient cette évolution à la mobilisation de ressources publiques pour la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, sans fournir de ventilation détaillée des budgets de santé ni de comparaison officielle permettant de mesurer précisément la part de ce facteur dans l’augmentation des coûts. Les données sur les prix et les dépenses oncologiques continuent d’être publiées séparément par les organismes et médias russes.