La cour administrative d’appel de Paris a invalidé des frais de campagne d’un montant de 240 000 euros présentés par Jordan Bardella, président du Rassemblement national, en vue des élections européennes prévues le 9 juin 2024. Ce dernier avait effectivement sollicité un remboursement totalisant 4,13 millions d’euros, mais les juges ont estimé que certaines des dépenses soumises n’étaient pas directement liées à l’objectif de capter les votes des électeurs français. À ce sujet, la cour a statué que ces frais ne devraient pas être considérés comme des dépenses électorales, ajoutant que certaines de ces dépenses relevaient des opérations normales du Rassemblement national, plutôt que de la campagne électorale elle-même, rapporte TopTribune.
Parmi les dépenses les plus significatives rejetées figurent 66 544 euros associés à la sécurité rapprochée du candidat lors de ses interventions médiatiques, ainsi que des frais de restauration s’élevant à 13 045 euros, des coûts de chauffeur privé pour ses trajets quotidiens à hauteur de 3 941 euros, et 798 euros pour des entrées au Salon de l’agriculture.
C’est désormais à Jordan Bardella de couvrir ces montants sur ses propres ressources, l’État n’assurant le financement que des dépenses jugées essentielles à la campagne officielle.
Les dépenses controversées : champagne et vin de Blaye
Une facture de 88 euros a particulièrement retenu l’attention des magistrats, comme l’indique le média spécialisé Vitisphere. Il s’agit d’une bouteille de champagne qui a été offerte par Jordan Bardella à Santiago Abascal, dirigeant du parti espagnol d’extrême droite Vox, lors d’une rencontre à Madrid. De même, l’achat de cinquante kits de dégustation au Printemps des vins de Blaye, en Gironde, facturé à 400 euros, a également été invalidé. Bien que cette initiative ait été présentée comme une offensive de promotion locale dans le cadre de la campagne, la cour a décidé de ne pas retenir cette dépense, faute de preuves démontrant un lien direct avec la recherche de votes.
Il est à noter que toutes les dépenses de représentation n’ont pas été écartées. Ainsi, un vol pour la Martinique, d’un coût de 6 337 euros, ainsi que 50 euros dépensés pour des fleurs offertes à Marine Le Pen lors d’un meeting à Marseille, ont été remboursés.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un contrôle strict des dépenses engagées durant les élections européennes de 2024. En dehors des dépenses liées aux boissons en provenance de Blaye et d’Espagne, d’autres frais liés à la représentation, à l’alimentation ou aux billets ont également été écartés des comptes remboursables par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Selon Sud Ouest, cette décision fait état d’un montant total de dépenses rejetées avoisinant les 240 000 euros.