Alors que Donald Trump tente de rétablir rapidement l’accès au détroit d’Ormuz, l’Iran adopte une position plus ferme. Téhéran conditionne la réouverture de ce point stratégique, essentiel au commerce mondial des hydrocarbures, à la fin des hostilités, à la levée des sanctions économiques et à une indemnisation, rapporte TopTribune.
Le détroit d’Ormuz, cruciale dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, restera fermé tant que Washington ne satisfera pas « toutes » les demandes formulées par Téhéran. Ce dimanche 9 août, les Gardiens de la Révolution ont souligné qu’il ne faut rien attendre d’un règlement imminent du conflit.
« L’ennemi s’efforce de rouvrir le détroit d’Ormuz […] et pour nous, ce passage est devenu un véritable théâtre de guerre et non plus simplement une voie maritime », a affirmé le corps des Gardiens de la Révolution. « Nous maintiendrons le détroit fermé jusqu’à ce que nos conditions soient acceptées ».
La priorité absolue pour Donald Trump est désormais la réouverture de ce passage vital, tandis que ces derniers jours, il a assuré que les négociations progressaient et qu’un déblocage était en vue.
Des conditions draconiennes posées par Téhéran
Les exigences imposées par Téhéran augurent d’un tiraillement prolongé : les États-Unis doivent « mettre un terme définitif à la guerre et à l’agression » contre l’Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever le blocus sur les ports iraniens, « indemniser intégralement l’Iran pour les dommages causés » durant le conflit, annuler les sanctions économiques et restituer « sans condition » les avoirs iraniens gelés.
Ces conditions faisaient déjà partie du protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis signé en juin, qui devait ouvrir la porte à des négociations plus larges, permettant une brève réouverture d’Ormuz couplée à une baisse des prix du pétrole. Cependant, ce processus a été compromis par des divergences croissantes au sein des deux parties, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé ce dimanche que, indépendamment d’un éventuel accord, l’Iran ne devrait pas posséder d’armes nucléaires.
Des menaces de mesures militaires accrues
Tout en contredisant l’idée de négociations avec Washington — dont le président américain met en avant la possibilité de discussions —, le responsable de la diplomatie iranienne a déclaré qu’il y avait « un échange de messages par le biais d’intermédiaires ». « Cela ne s’appelle pas une négociation. Cela signifie communiquer des messages », a précisé Abbas Araghchi. Il a également menacé de ne pas reprendre le dialogue tant que les « violations américaines » du protocole ne cessent pas.
Des responsables militaires iraniens ont adopté un ton plus alarmant : « Si des forces militaires américaines pénètrent en Iran, nous leur infligerons des pertes considérables et réagirons de manière décisive à toute agression », a averti Ali Jahanshahi, commandant des forces terrestres. Téhéran se limite à des discussions avec Oman, le second pays riverain du détroit d’Ormuz, pour définir un futur itinéraire de passage, un processus toujours en phase finale selon Abbas Araghchi.
Téhéran s’oppose à tout retour à la situation d’avant guerre et envisage d’imposer, à long terme, des frais pour le passage à Ormuz, malgré l’opposition de Washington. Les frappes américaines ont cessé depuis plus d’une semaine, mais Trump avait lié cette cessation à la conclusion rapide d’un accord, laissant planer la menace de nouvelles frappes militaires.