Urgence pour les éleveurs du Tarn : la sécheresse les force à recourir aux réserves d'hiver

Urgence pour les éleveurs du Tarn : la sécheresse les force à recourir aux réserves d’hiver

09.08.2026 08:46
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Dans le Tarn, la sécheresse persistante depuis le printemps force les éleveurs à utiliser leurs réserves de nourriture hivernale pour nourrir le bétail. Cette situation pourrait se détériorer avec un automne sec annoncé, mettant en péril l’équilibre économique des exploitations locales, rapporte TopTribune.

Les champs témoignent de l’ampleur du manque d’herbe, laissant les animaux sans nourriture. « Il n’y a rien qui pousse depuis la fin du printemps. On est déjà passé aux rations d’hiver », déclare Christophe Rieunau, éleveur de veau d’Aveyron et du Ségala à Sainte-Gemme. Sur son exploitation, il a dû compléter les rations dès début juin.

Une alimentation insuffisante peut entraîner des conséquences significatives chez les bovins, notamment une diminution de la production de lait et un développement inapproprié chez certaines races. « On parle beaucoup de bien-être animal. Mais la première chose, c’est d’avoir l’alimentation qui correspond à leurs besoins. C’est notre premier travail », souligne l’éleveur.

Un déficit d’herbe à la fin de l’été est habituel dans le Tarn. Cependant, cette année, la prévision d’un automne similaire soulève des inquiétudes. Les pâturages dépendent fortement des précipitations, et un mois d’août sec ne laisse guère d’espoir pour les pâtures d’automne. « Il va falloir beaucoup de stock pour tenir jusqu’au printemps prochain. Maintenant, il va falloir anticiper huit à neuf mois d’alimentation », prévient l’exploitant, également vice-président de la FDSEA.

Remettre en cause la rentabilité des exploitations

Christophe Rieunau met en garde : « Tout le monde n’a pas les mêmes stocks ». Ainsi, il sera essentiel de trouver des ressources alternatives. La sécheresse affecte toutes les régions de France, compliquant la situation. « Cela peut remettre en cause la rentabilité des exploitations. Le risque, c’est que les éleveurs enlèvent des animaux car c’est la trésorerie qui va les guider », commente l’agriculteur, qui fait face à une baisse simultanée des prix du lait et de la viande.

La grande majorité des exploitations d’élevage reposent sur la capacité à faire pâturer les animaux. Le pâturage réduit considérablement les coûts alimentaires, car dans certains systèmes, l’herbe constitue une grande partie de l’alimentation. Toutefois, le Tarn bénéficie d’un atout : le système de polyculture qui permet à certains éleveurs de se ravitailler auprès des céréaliers du département. Par ailleurs, certaines exploitations diversifiées produisent elles-mêmes plusieurs types de ressources, limitant ainsi leur dépendance à l’égard des achats externes.

« L’État est incapable de donner un cap »

À l’avenir, il sera crucial de s’adapter afin d’assurer la survie de l’élevage dans les régions. « La capacité à s’adapter existe. Mais ce qui est dommageable, c’est que l’État est incapable de donner un cap », déplore Christophe Rieunau.

L’éleveur évoque la fermeture de l’unité expérimentale de l’INRA de Carmaux en 2014, justifiée par des économies. « On a enlevé beaucoup à la recherche agronomique. On a très peu d’outils pour anticiper les besoins du territoire. C’est une faute énorme de l’État », déclare-t-il.

Il conclut : « On n’a pas besoin de grands plans d’urgence, on a besoin d’anticiper, de trouver des solutions. Aujourd’hui, on a le sentiment qu’il y a une volonté générale de balayer les crises. On ne se donne pas les moyens d’anticiper ».

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