Des candidats à la présidentielle française ciblés par des ingérences prorusses durant l'été 2023

Des candidats à la présidentielle française ciblés par des ingérences prorusses durant l’été 2023

08.08.2026 08:06
2 min de lecture

Ingérences pro-russes ciblent des candidats à l’élection présidentielle de 2027

Entre fin juillet et début août, trois candidats potentiels ou déclarés à l’élection présidentielle de 2027 ont été l’objet d’ingérences orchestrées par des réseaux pro-russes spécialisés dans la désinformation. Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal ont été visés, selon Viginum, le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères, qui identifie le mode opératoire prorusse Storm-1516 comme étant à l’origine de cette campagne, rapporte TopTribune.

Édouard Philippe a été le premier à subir ces attaques. Le 21 juillet, une vidéo a circulé prétendant qu’il était atteint d’une maladie dégénérative. Ce type de contenu fallacieux est le résultat de MOI, notamment de Storm-1516 et de CopyCop. Raphaël Glucksmann a également été ciblé le 3 août, avec de faux articles et vidéos imitant le site d’informations Blast, insinuant que sa compagne, Léa Salamé, avait soudoyé des médias en faveur du candidat.

Une campagne qui « réunit les critères d’une ingérence étrangère »

Le 5 août, Gabriel Attal a également fait les frais d’une intervention provenant du MOI prorusse Matriochka. Certaines vidéos, bien que générant moins de vues que prévu, affirmaient qu’il souffrait de la maladie de Parkinson. Viginum a affirmé qu’il s’agissait d’une ingérence numérique visant à porter atteinte à l’image de la France.

Le MOI Matriochka opère en deux étapes, d’abord en diffusant des faux contenus visant à discréditer des personnalités liées à la politique française de soutien à l’Ukraine. Un second groupe relaye ces publications, semant le doute sur leur véracité et cherchant à discréditer les médias et personnalités engagées dans la vérification des faits, précise Viginum.

Des dirigeants européens ciblés

Storm-1516 serait « potentiellement coordonné par un service de renseignement russe », selon Viginum, indiquant que ces ingérences constituent une menace significative pour le débat public numérique. Le MOI cible non seulement des personnalités ukrainiennes, mais aussi des dirigeants européens, notamment durant les périodes électorales.

Les opérateurs de Storm-1516 utilisent une large gamme de contenus, y compris des montages vidéo et audio, générés par des outils d’intelligence artificielle. Leurs messages sont souvent initialement publiés sur de faux sites d’information, avec plus de 290 sites supposément impliqués dans ces activités, utilisant des articles reformulés par intelligence artificielle.

Un risque « très aigu » d’ingérences

Ces fausses informations pénètrent des médias étrangers en échange d’une rémunération, puis sont partagées par des comptes coordonnés. Certaines de ces informations peuvent même aller jusqu’à être reprises par des autorités russes ou des acteurs occidentaux pro-russes.

Début juillet, le Premier ministre Sébastien Lecornu a averti du risque « très aigu » d’ingérences étrangères à l’approche de l’élection présidentielle, poussant le gouvernement à proposer un projet de loi visant à renforcer les sanctions contre la diffusion de fausses informations durant la période électorale.

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