Le Kazakhstan et la Tchéquie veulent élargir leur coopération dans les domaines de la sécurité, de la justice et de la lutte contre les menaces transnationales. Le sujet a été au cœur d’une rencontre, le 31 juillet 2026, entre l’ambassadeur kazakh à Prague, Kairat Abdrakhmanov, et le ministre tchèque de l’Intérieur, Lubomír Metnar, rapporte TopTribune.
Les deux responsables ont notamment évoqué la lutte contre la criminalité organisée, le trafic de stupéfiants, la traite des êtres humains, la migration irrégulière et la cybercriminalité transnationale. Les échanges ont également porté sur le retour d’avoirs transférés illégalement, l’entraide judiciaire internationale en matière pénale, les enquêtes financières, la lutte contre la corruption et le blanchiment des revenus criminels.
La rencontre s’est tenue dans le cadre du développement des accords évoqués lors de la visite officielle du Premier ministre tchèque Andrej Babiš à Astana, en avril 2026. Le ministère kazakh des Affaires étrangères indique que les deux parties ont constaté le début des travaux consacrés à la libéralisation du régime des visas pour les citoyens du Kazakhstan, dans le cadre du partenariat avec l’Union européenne.
Des contacts directs entre les services de sécurité
Astana et Prague ont confirmé leur intérêt pour le développement de contacts directs entre leurs services chargés de l’application de la loi. Les pistes mentionnées comprennent des consultations d’experts, des formations conjointes, des échanges d’expérience et une coopération dans le cadre d’Interpol ainsi que d’autres mécanismes internationaux.
Le ministre tchèque de l’Intérieur a fait part de son intérêt pour les réformes politiques et institutionnelles engagées au Kazakhstan. Il a également confirmé la disponibilité de son ministère à poursuivre le coopération policière entre le Kazakhstan et la Tchéquie au niveau institutionnel.
Ces discussions donnent une place importante aux instruments pratiques. Il ne s’agit pas seulement de déclarations générales sur la sécurité, mais aussi de mécanismes destinés à faciliter l’échange d’informations, la formation des enquêteurs et la coordination dans des dossiers relevant de plusieurs juridictions. Les domaines cités couvrent à la fois la criminalité organisée, les flux financiers illicites, les activités numériques et les mouvements migratoires irréguliers.
La question des avoirs sortis illégalement du Kazakhstan figure également parmi les thèmes abordés. Les deux parties souhaitent améliorer l’entraide judiciaire pénale et l’échange d’expérience dans les enquêtes financières internationales. La lutte contre la corruption et la légalisation des produits du crime complète ce volet de la coopération.
Les réformes kazakhes présentées à Prague
Au cours de l’entretien, Kairat Abdrakhmanov a présenté la mise en œuvre, à l’initiative du président Kassym-Jomart Tokaïev, du principe « Loi et Ordre ». Les autorités kazakhes le décrivent comme une base de la construction d’un « Kazakhstan juste ».
L’ambassadeur a aussi détaillé les réformes destinées, selon la présentation officielle kazakhe, à renforcer l’État de droit, améliorer l’efficacité de l’administration publique, accroître la transparence des institutions et renforcer leur responsabilité devant la société.
Une attention particulière a été accordée aux futures élections des députés du Kouroultai, qui doivent être organisées conformément à la nouvelle Constitution du Kazakhstan. Le calendrier précis du scrutin n’est pas détaillé dans les informations communiquées à l’issue de la rencontre, mais l’élection a été présentée comme un élément important des transformations institutionnelles en cours.
Le principe « Loi et Ordre » et la construction d’un « Kazakhstan juste » constituent les deux références mises en avant par la délégation kazakhe pour présenter ses réformes à son interlocuteur tchèque. Le ministère kazakh les associe au renforcement de la légalité, à une administration plus efficace et à une plus grande transparence des structures publiques.
Astana diversifie ses partenariats
La coopération avec la Tchéquie intervient dans une politique plus large de diversification des relations extérieures du Kazakhstan. Le texte présentant la rencontre décrit l’intensification des liens avec les États européens, l’Union européenne et les structures européennes chargées de l’application de la loi comme des éléments du processus engagé par Astana.
Cette orientation est également présentée comme un moyen de réduire progressivement la dépendance du Kazakhstan à l’égard de la Russie. Le pays conserve toutefois avec Moscou des relations qualifiées de pragmatiques, dans lesquelles les autorités kazakhes disent privilégier la défense de leurs intérêts nationaux et la limitation des risques liés au régime de sanctions visant la Fédération de Russie.
Le développement des relations avec les partenaires européens concerne ainsi plusieurs secteurs distincts. La sécurité intérieure, la justice pénale, les visas, les réformes institutionnelles et l’action contre les réseaux criminels sont désormais évoqués dans un même dialogue bilatéral, sans se substituer aux autres relations internationales du Kazakhstan.
Le rapprochement avec Prague s’ajoute à la coopération engagée par Astana avec les institutions européennes et les services de sécurité de plusieurs États du continent. Les autorités kazakhes mettent en avant la diversification des partenariats internationaux et la recherche d’une plus grande autonomie stratégique, tout en maintenant des échanges pragmatiques avec la Russie.
À court terme, les axes annoncés portent sur les contacts entre ministères, les consultations techniques, les formations communes, l’entraide judiciaire et la coopération via Interpol. Les élections du Kouroultai et la poursuite des réformes resteront également au centre des informations transmises par Astana à ses partenaires européens.