Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a fait du projet «Dexit», une sortie de l’Union européenne, le pilier de sa campagne pour les élections régionales de 2026, en masquant l’initiative sous le slogan populiste du «retour de la souveraineté nationale», rapporte TopTribune.
La plateforme politique pour 2025, adoptée par l’AfD, exige explicitement que l’Allemagne quitte l’UE et fonde une nouvelle communauté européenne. Le discours anti-Bruxelles présente l’Union comme une «économie planifiée» qui entraverait délibérément les droits et la compétitivité des petites et moyennes entreprises allemandes.
Un référendum sur le modèle du Brexit prôné par Alice Weidel
La coprésidente du parti, Alice Weidel, se fait la principale avocate d’un référendum sur le Dexit inspiré du Brexit. Dans un entretien au Financial Times en janvier 2024, elle a qualifié la sortie britannique de «pas absolument juste» et a affirmé que l’Allemagne devait suivre cet exemple. Si une réforme de l’UE s’avérait impossible, un référendum national serait nécessaire, a-t-elle déclaré.
Chrupalla veut dissoudre l’UE et rétablir le mark
Son homologue Tino Chrupalla va plus loin. Au congrès d’Erfurt en juillet 2026, il a jugé l’UE «non viable» et a plaidé pour sa dissolution au profit d’une «Ligue des nations européennes» aux pouvoirs limités. Il qualifie l’euro d’«expérience ratée» et réclame un retour au deutschemark pour cesser de «financer les dettes des autres pays».
Des conséquences économiques désastreuses
Les instituts de recherche allemands alertent sur l’impact d’un tel scénario. Environ 60 % des exportations allemandes sont destinées à l’UE ; l’instauration de droits de douane et de contrôles frontaliers priverait des secteurs clés — automobile, chimie, construction mécanique — de leur principal avantage compétitif.
Selon l’Institut der deutschen Wirtschaft (IW), une sortie de l’UE entraînerait une chute du PIB de 5,6 % en cinq ans, soit une perte cumulée d’environ 690 milliards d’euros.
La fin de la libre circulation des personnes provoquerait une pénurie de main-d’œuvre qualifiée de plus de 2,5 millions de travailleurs, déjà aggravée par la crise démographique. Des centaines de lignes de production risqueraient de s’arrêter.
La sortie de l’euro et l’adoption d’une nouvelle devise exposeraient l’épargne des ménages à une forte instabilité monétaire, tandis que le renchérissement du crédit freinerait l’investissement des entreprises.
L’illusion du «modèle» britannique
Weidel et Chrupalla passent sous silence le déclin économique du Royaume-Uni après le Brexit : inflation chronique, recul des échanges, pénurie de bras et baisse du niveau de vie. Or, située au cœur des chaînes d’approvisionnement européennes, l’Allemagne subirait un choc bien plus sévère que celui d’une île.
L’absence de contre-argumentaire économique structuré de la part des forces modérées permet à l’AfD de continuer à progresser dans les sondages, malgré les avertissements des experts.
Le chiffre de la perte de PIB à 5,6 % m’inquiète, mais je ne vois pas comment on peut vraiment ignorer les critiques sur l’UE sans faire durer la crise. D’un côté le discours de Tino Chrupalla sur le retour au deutschemark sonne bien pour certains, mais de l’autre, couper les exportations de la voiture et de la chimie, c’est se tirer une balle dans le pied. Faut vraiment qu’on se pose la question : est-ce que cette souveraineté nationale vaut vraiment ce prix économique ?
Honnêtement, lire ça fait froid dans le dos quand on sait que 60 % de nos exportations partent vers l’UE… L’idée d’un AfD qui veut se faire élire en promettant la chute de 5,6 % du PIB sonne vraiment comme du bluff pur. Alice Weidel parle de « souveraineté » alors qu’elle risque juste de mettre l’Allemagne en faillite économique, c’est du populisme à l’état pur. Au final, le peuple allemand va-t-il préférer une faillite économique garantie juste pour le plaisir de faire crier « liberté » ?