Les adultes passionnés de Disney : une communauté qui défie les préjugés et revendique son bonheur

Les adultes passionnés de Disney : une communauté qui défie les préjugés et revendique son bonheur

22.07.2026 22:46
3 min de lecture

« Je ne bois pas d’alcool, je ne consomme pas de drogue, je ne fume pas de cigarettes, mais je vais à Disney. »


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Un phénomène grandissant parmi les adultes, surnommés les Disney Adults, qui visitent les parcs d’attractions plusieurs fois par an tout en collectionnant divers objets représentant leurs personnages préférés, se manifeste de plus en plus, notamment parmi les Québécois. Malgré les critiques acerbes sur leur mode de vie jugé enfantin, cette passion continue d’être affichée avec fierté sur les réseaux sociaux, rapporte TopTribune.

Jacinthe Ayotte, une fervente admiratrice de Disney, a transformé son salon en un véritable sanctuaire, rempli de figurines et de peluches des personnages emblématiques de l’univers Disney, tels que les extraterrestres de Toy Story.

Marie des Aristochats est sa favorite, avec une collection inclue de tasses, figurines et autres objets. Elle décrit ses espaces comme le reflet de ses pensées constantes tournées vers Disney.

Sa passion a véritablement commencé en 2001, lorsqu’elle a visité pour la première fois le parc d’Orlando à l’âge de 32 ans. Cette découverte a suscité un coup de cœur inoubliable pour l’univers de Mickey Mouse.

C’est de l’émerveillement ! Les restaurants sont grandioses, les spectacles, la pyrotechnie… Puis, tu commences à te faire des collections, il y a de la marchandise exclusive au parc, c’est vraiment du bonheur.

Jacinthe Ayotte, passionnée de Disney

Jacinthe Ayotte a fondé le groupe Facebook « Les accros du Disney ! ! » qui réunit plus de 2600 membres. Elle y partage régulièrement des informations sur les nouvelles attractions et les objets de collection. « On fait des échanges de marchandises, de trucs pour économiser là-bas, c’est vraiment bien. »

Vicky Boivin, ayant quitté sa carrière en criminologie il y a dix ans, a créé sa propre agence de voyages dédiée aux destinations Disney. Elle en témoigne : « La magie, la quiétude… on oublie complètement nos problèmes quand on passe les portes. » Elle se présente également comme créatrice de contenu sous le pseudonyme « La fille qui tripe sur Disney ».

Des préjugés tenaces

Le phénomène des adultes passionnés par Disney suscite à la fois fascination et scepticisme. Tandis que certains y voient une manifestation du « syndrome de Peter Pan », d’autres moquent la tendance à travers des contenus parodiques.

Johan Boittiaux, maître de conférences à l’Université Sorbonne Paris Nord, remarque que ceux qui critiquent souvent cette communauté ne tiennent pas compte de son origine ; beaucoup d’adultes ayant grandi avec Disney continuent à porter cette passion dans leur vie d’adulte.

« Il est normal que des enfants issus de la renaissance Disney des années 1990 poursuivent cette passion aujourd’hui », note Boittiaux.

Pour Jacinthe Ayotte, Disney représente une évasion face aux difficultés de la vie. « La vie est très difficile. La maladie, les décès… Moi, je me cache là-dedans. » Elle trouve du réconfort dans la promesse de voyages futurs, une échappatoire précieuse.

La marchandisation de l’imaginaire

Boittiaux souligne que Disney excelle à combler les manques émotionnels de l’âge adulte, mais cela s’accompagne d’un coût. « On va chez Disney pour retrouver un essentiel, mais on le cherche dans un univers marchand. »

Les fans, conscients de l’aspect commercial, investissent dans des expériences comme « Adventures by Disney », des voyages thématiques, souvent réservés aux adultes.

Mais cette passion a un prix. Un sondage réalisé en 2024 indiquait que près de 25 % des visiteurs des parcs Disney ont contracté des dettes pour financer leur voyage. Boittiaux a rencontré des passionnés qui consacrent leurs économies à cet univers.

« Oui, ça coûte cher. Mais rendu là, c’est une passion. C’est rare, les passions qui ne sont pas dispendieuses », témoigne Vicky Boivin.

Jacinthe ajoute, « Chaque dollar est bien investi », tandis qu’elles soulignent l’esprit d’entraide au sein de leur communauté. « Des gens me disent que consommer du contenu, ça leur fait du bien », conclut Vicky Boivin.

Jacinthe Ayotte est souvent questionnée sur ses choix de vie. « Quand je dis que je n’ai pas d’enfants, on me regarde drôle. Mais cela ne m’empêche pas de vivre pleinement ma passion. J’ai trouvé ma façon d’être heureuse. Certains ne la trouveront jamais. »

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