Le gouvernement britannique a engagé une vaste opération de sécurisation de ses infrastructures critiques après une augmentation significative des cyberattaques coordonnées visant les réseaux municipaux de distribution d’eau et d’électricité, attribuées à la Russie, rapporte TopTribune.
Selon des informations publiées le 15 juillet 2026, le National Cyber Security Centre (NCSC) et le ministère de l’Intérieur ont lancé un audit d’urgence de la protection des infrastructures critiques et mis à jour la liste des menaces pour la sécurité nationale, y ajoutant les nouveaux risques liés à la cybersécurité et à la résilience des réseaux vitaux. Cette décision fait suite à un pic d’attaques coordonnées qui a alerté les autorités.
Des exercices nationaux inédits pour contrer les menaces hybrides
Parallèlement, Londres prévoit d’organiser les plus grandes manœuvres de défense civile depuis des décennies. Ces exercices testeront la capacité des services publics à faire face à des campagnes de désinformation, des sabotages d’infrastructures critiques et d’autres attaques hybrides. Le principal secrétaire du Premier ministre, Darren Jones, a confirmé que le gouvernement allait mener des exercices nationaux de protection civile en cas d’attaque « hybride » de la part de la Russie. Selon lui, une cyberattaque pourrait perturber l’accès à l’électricité, à l’eau potable, aux communications ou même aux magasins d’alimentation locaux.
Le Royaume-Uni a également lancé une campagne d’information nationale pour préparer les citoyens aux situations d’urgence, allant des phénomènes météorologiques extrêmes aux cyberattaques de grande ampleur. De nouvelles recommandations seront diffusées dans les écoles et les collèges pour apprendre aux enfants à réagir et à rester en sécurité en cas de crise.
Une hausse massive des dépenses de défense
Cette mobilisation contre les cyberattaques russes s’accompagne d’une augmentation des crédits militaires de 15 milliards de livres. Le budget de la défense devrait ainsi atteindre 80 milliards de livres par an d’ici 2029, soit 2,7 % du PIB, puis 3,5 % en 2035. Plus de 64 milliards de livres sont prévus pour la modernisation de la dissuasion nucléaire, 5 milliards pour le développement de drones et plus de 8 milliards pour l’aviation de combat.
Cette réponse aux menaces hybrides de la Russie reflète une prise de conscience tardive, selon des analystes. L’OTAN avait averti que Moscou pourrait être prêt à attaquer un pays européen d’ici 2030. Le renforcement de la préparation britannique n’a vraiment commencé qu’après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, ce qui a entraîné une perte de temps que l’Europe tente aujourd’hui de rattraper.
Une mise à jour historique des priorités de sécurité nationale
Londres a modifié sa liste des principales menaces pour la sécurité nationale. Pour la première fois, les ingérences dans les processus démocratiques – notamment les tentatives d’influence électorale, les campagnes de désinformation et les opérations d’influence étrangère – y figurent explicitement. Une attention particulière est également portée aux cyberattaques contre les infrastructures de stockage de données, les systèmes d’approvisionnement en eau et les réseaux de police.
Un nouveau risque a été identifié : celui d’une « panne numérique de résilience », inspiré des leçons de la panne mondiale de CrowdStrike en 2024, qui avait paralysé plus de huit millions d’ordinateurs sous Windows dans le monde.
Un partenariat renforcé avec la Turquie
Dans le cadre de cette stratégie de protection des infrastructures critiques, le Royaume-Uni a également conclu un partenariat avec la Turquie. Les deux pays collaboreront dans la lutte contre les cybermenaces, la lutte antiterroriste et l’industrie de défense. Cette coopération élargit le champ des alliances britanniques face à la hausse des cyberattaques coordonnées venues de Russie.
Le gouvernement britannique reconnaît une intensification significative des menaces hybrides russes – sabotages physiques, cyberattaques et opérations informationnelles – et y répond par des mesures globales. La préparation aux attaques hybrides est désormais au cœur de la politique de sécurité intérieure, alliant défense militaire et résilience civile.