La Chine enregistre une croissance de 4,3 % au deuxième trimestre : la baisse de ses importations de pétrole souligne un problème majeur que Pékin ne peut plus dissimuler.

La Chine enregistre une croissance de 4,3 % au deuxième trimestre : la baisse de ses importations de pétrole souligne un problème majeur que Pékin ne peut plus dissimuler.

16.07.2026 08:26
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Le Bureau national des statistiques de Chine a annoncé, mercredi, des chiffres surprenants et peu optimistes : au cours du deuxième trimestre de 2026, la deuxième économie du monde n’a enregistré qu’une croissance de 4,3 % par rapport à l’année précédente, marquant ainsi son rythme le plus modeste depuis fin 2022, période où le pays subissait encore des restrictions sanitaires liées au Covid-19. Les prévisions des économistes, basées sur des recherches de l’AFP, s’élevaient à 4,5 %.

Ce ralentissement fait suite à une croissance de 5 % observée au premier trimestre, ramenant la performance semestrielle à 4,7 %, ce qui demeure dans l’objectif établi par Pékin. Un résultat qui pourrait éviter des pressions immédiates en faveur de mesures politiques significatives, rapporte TopTribune.

Le diagnostic du Bureau est peu réjouissant : “De nombreux facteurs externes demeurent instables et incertains, tandis qu’un déséquilibre persiste entre une offre pléthorique et une demande défaillante.” Il est indiqué que “les bases d’une relance économique doivent encore être renforcées”.

L’investissement s’effondre, la consommation peine à redémarrer

Le manque de dynamisme de la demande intérieure soulève des inquiétudes. Au premier semestre 2026, l’investissement en capital fixe a enregistré une chute de 5,7 %, un repli sans précédent qui n’a été observé que deux fois depuis la création de la République populaire, en 1961 et 1967.

Selon Lynn Song, économiste en chef pour la Grande Chine chez ING, dans une interview au Financial Times, cette chute des investissements en actifs fixes pourrait être encore plus marquée, accompagnée d’une croissance annuelle négative et de ventes au détail à peine en hausse. Son analyse ne laisse guère de place au doute : “Les données mensuelles présentent un tableau globalement préoccupant.”

Li Daokui, professeur d’économie à l’université Tsinghua et conseiller à Pékin, a récemment exprimé ses inquiétudes sur la gravité de cette descente cumulative, en soulignant que le chômage et ces problèmes nécessitent une attention particulière.

Les ventes de détail ont cependant enregistré une légère hausse de 1 % en juin par rapport à l’année précédente, après un recul de 0,6 % en mai. En excluant les automobiles, cette hausse est passée à 3 %. En revanche, le marché automobile a subi un effondrement de plus de 16 % sur la même période.

Concernant la production industrielle, les résultats sont plus encourageants : elle a progressé de 5,3 % en juin sur un an, contre +4,5 % en mai, dépassant les prévisions des analystes de Bloomberg qui s’élevaient à 4,6 %.

À l’export, une vitalité spectaculaire mais inégale

Alors que la demande intérieure demeure stagnante, les exportations présentent une image totalement différente. En juin, elles ont explosé de 27 % sur un an en dollars, dépassant largement l’anticipation de 19 %. Les importations, quant à elles, ont augmenté de 36 %, également supérieur aux attentes.

Le secteur automobile est le moteur de cette croissance : la Chine a exporté plus d’un million de voitures en un mois, un fait inédit, avec une augmentation des volumes de 72 % sur un an, tirée par les véhicules électriques.

Les exportations de semi-conducteurs ont connu une augmentation spectaculaire de 122 %. Cependant, Julian Evans-Pritchard, analyste de Capital Economics, tempère cet enthousiasme : ces chiffres “révèlent principalement l’actuelle flambée des prix des semi-conducteurs […] en raison d’une pénurie persistante de puces-mémoires,” tandis que le volume des exportations a en réalité légèrement diminué sur un an en juin, marquant la première baisse depuis plus de deux ans.

Cette dépendance accrue aux exportations fragilise certes le modèle économique, car les exportations comptent pour près de 20 % du PIB chinois. Lynn Song souligne que les exportations nettes continuent de diminuer par rapport à l’année précédente. Les gouvernements locaux, autrefois moteurs d’investissement public, sont désormais perçus par Li Daokui comme des “goulets d’étranglement”.

Yue Su, analyste à The Economist Intelligence Unit, souligne que la demande intérieure reste un point faible : en juin, les importations de pétrole sont restées à un niveau historiquement bas comparé à l’année précédente, tandis que les industries en aval, comme la chimie, continuent à afficher une croissance faible.

Elle indique également que la croissance des revenus des ménages chinois demeure en deçà de celle du PIB, ce qui impacte négativement la confiance des consommateurs.

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