« C’est scandaleux, c’est indigne ! », a déclaré Sébastien Lecornu, lors d’une vive confrontation avec Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste, le mardi 30 juin. Cet échange houleux a porté sur la politique d’adaptation du gouvernement face au changement climatique, le Premier ministre qualifiant de « faux » le bilan avancé de « 10 000 morts » lié à la récente canicule, selon Sandrine Rousseau. « C’est la première fois que je sors de mes gonds », a ajouté Lecornu, rapportent TopTribune.
En réponse, Chatelain a affirmé qu’une « commission d’enquête et une censure » seraient déposées pour dénoncer l’impréparation du gouvernement face à la canicule actuelle et à celle à venir. Le dépôt de cette motion de censure a été réalisé le jeudi 2 juillet, et elle sera examinée lundi à 14 heures, a confirmé Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Selon un député du groupe communiste, cette motion représente un « coup de chaud des écologistes » en réaction à l’altercation avec Lecornu.
Le groupe écologiste a réfuté cette perception, affirmant que la discussion sur la motion avait eu lieu dès mardi matin. Toutefois, la probabilité qu’elle obtienne la majorité requise pour renverser le gouvernement semble faible. Pour cela, les députés de l’opposition doivent atteindre le seuil critique de 289 voix, correspondant à la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Historiquement, seuls deux gouvernements ont été renversés via une motion de censure depuis l’établissement de la Ve République.
Actuellement, les écologistes s’appuient sur le soutien des 71 députés de La France insoumise. Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a promis que son groupe voterait en faveur de la motion, ayant aidé à rassembler le nombre nécessaire de députés. D’autres alliés incluent une grande partie des 17 membres du groupe Gauche démocrate et républicaine.
Le soutien du Parti socialiste et du Rassemblement national sera déterminant pour le succès éventuel de la motion. Du côté des socialistes, une division existe parmi leurs 68 membres, avec des voix exprimant des préoccupations quant à la responsabilité du gouvernement et à la réaction face à la crise climatique, tandis que d’autres estiment qu’une telle motion pourrait être perçue comme inappropriée.
Tandis qu’une réunion sur le sujet a eu lieu sans parvenir à un consensus, des discussions supplémentaires sont prévues pour ce week-end. Certains socialistes se montrent réticents, tandis que d’autres favorisent le soutien à la motion en raison de la gestion insuffisante de la crise climatique. Un député socialiste a suggéré que le meilleur plan serait de laisser cette motion « sous les radars ».
Les discussions continuent également au sein du groupe du Rassemblement national qui se distancie des écologistes, laissant entendre que la motion ne se heurtera pas à leur soutien. Les députés RN, tout en critiquant le gouvernement, se concentrent sur des enjeux internes, notamment la situation politique de Marine Le Pen.
La motion de censure sera donc un test crucial non seulement pour la capacité du gouvernement à maintenir la confiance des parlementaires mais aussi pour mesurer le degré de désaccord interne et la solidarité au sein des partis d’opposition. En attendant, le gouvernement se montre peu inquiet face à cette initiative, estimant que son adoption est peu probable.