
Le gouvernement français a décidé de suspendre la taxe de 2 € appliquée sur les petits colis, alors qu’un droit de douane européen de 3 € a été mis en vigueur récemment. Cette mesure nationale devait initialement se chevaucher avec le nouveau droit, ce qui aurait entraîné un total de 5 € par colis. Annoncée le mardi 30 juin, cette décision vise à coordonner les prélèvements français avec ceux du marché unique européen, rapporte TopTribune.
La suspension de la taxe nationale
Entrée en vigueur le 1er mars, la taxe de 2 € ciblait les achats inférieurs à 150 € effectués sur des plateformes en dehors de l’Union européenne, telles que Shein, Temu et AliExpress. Son but principal était de limiter l’énorme flux de colis, majoritairement en provenance de Chine. Pour 2026, l’État prévoyait des recettes de 400 millions d’euros, un montant jugé essentiel pour le budget national.
Cependant, plusieurs plateformes ont contourné cette obligation en expédiant leurs colis via d’autres pays européens, puis en les transportant par la route jusqu’en France. Selon Florian Colas, directeur général des Douanes, ce phénomène a entraîné un transfert de volume d’environ 90 % depuis le mois de mars, considérablement diminuant les revenus escomptés.
Un droit de douane européen en vigueur
A compter de mercredi, l’Union européenne a instauré un droit de douane de 3 € par article, une initiative destinée à réguler ce secteur au niveau continental, explique franceinfo. Ce droit aurait dû s’ajouter au prélèvement français, portant ainsi le montant total à 5 € par catégorie de produits commandés. Toutefois, ces deux dispositifs soulevaient des préoccupations liées à la compétitivité et à l’équité entre les États membres. Le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, a souligné que « dans un marché unique, il n’est plus justifiable de conserver uniquement notre taxe sur les petits colis ».
Un système entièrement européen est attendu en novembre pour remplacer la taxe nationale dans le cadre d’une réforme douanière plus vaste. Cette initiative est perçue comme un succès diplomatique par Paris, qui milite pour l’établissement de règles unifiées à l’échelle continentale. Le cabinet de Serge Papin a noté : « Notre objectif était de pousser l’Europe à prendre des mesures, et nous avons réussi ».
Conséquences et perspectives d’avenir
Selon Florian Colas, les recettes mensuelles prévues s’élèvent à 2,3 millions d’euros, un chiffre apparemment modeste. Pourtant, la question principale ne réside pas seulement dans les revenus, mais dans la nécessité de maintenir le bon fonctionnement du marché européen. L’évitement de la taxe française met en lumière des enjeux de concurrence. Des pays voisins, comme la Belgique, pourraient bénéficier d’un trafic accru de marchandises, ce qui nécessite un renforcement des contrôles douaniers. Colas a résumé la situation : « Nous apprécions nos amis belges, mais il n’est pas juste qu’ils soient les seuls à en tirer profit ».
Cette suspension pourrait inciter les institutions européennes à intensifier leurs efforts en matière d’harmonisation des régulations, de sorte que chaque État membre puisse en bénéficier. Bien que l’arrêt temporaire de la taxe française puisse sembler perçu comme un recul, il s’inscrit dans une dynamique d’évolution vers une gestion collective des échanges au sein de l’Union européenne.