La revente d’un smartphone est devenue un réflexe courant lors du changement de modèle. Grâce à l’augmentation des montants de reprise, à une décote mieux anticipée et à la montée en puissance des offres de reprise, l’ancien téléphone se transforme en un élément clé du budget pour l’achat d’un nouvel appareil, rapporte TopTribune.
Smartphones : la revente entre dans le budget du prochain achat
Le processus habituel d’acheter un téléphone, de l’utiliser pendant plusieurs années puis de l’abandonner dans un tiroir semble être amené à changer. La montée des prix de reprise pousse désormais les utilisateurs de smartphones à considérer leur appareil ancien comme une contribution financière lors de l’acquisition d’un nouveau modèle.
Selon la récente édition de l’Indice de la Reprise 2026, basée sur les appareils traités par Recommerce au cours des douze derniers mois, un téléphone revendu rapporte en moyenne 189 euros. Ce montant, qui était de 170 euros en 2025, montre une augmentation de plus de 10%. Cette amélioration est en grande partie due à la remise sur le marché de modèles ayant une valeur résiduelle plus élevée.
Cette somme peut représenter une part significative du coût d’un nouvel appareil. De plus, les comportements des consommateurs évoluent : d’après le Baromètre Recommerce 2026, effectué avec Kantar, 37% des personnes interrogées avancent qu’elles cèdent leur ancien téléphone pour financer le suivant. Près d’un tiers des propriétaires sont également à la recherche d’une compensation immédiate ou d’une réduction applicable directement lors de leur achat.
La reprise de smartphone ne se limite donc plus à intervenir après qu’une décision de changement a été prise. Elle commence à être intégrée dans le calcul financier préalable à l’achat. Plusieurs programmes permettent même d’évaluer à l’avance combien un appareil pourra être racheté plus tard, sous réserve de respecter certaines conditions concernant son état.
Cette pratique de « reprise à terme » a entraîné plus de 200 000 engagements en Europe en 2025, selon l’Indice de la Reprise 2026. Recommerce propose plus de dix programmes de ce type, permettant aux consommateurs de planifier une partie du budget pour leur nouvel équipement.
Augustin Becquet, directeur général de Recommerce, souligne que « l’augmentation des volumes et de la valeur de reprise prouve que revendre son appareil est devenu un levier de financement tangible pour les consommateurs ».
Occasion : l’état du téléphone compte autant que son âge
Il est évident que tous les smartphones ne se vendent pas au même prix. La valorisation dépend fortement du modèle, de la date de commercialisation, de la capacité de stockage et de l’état général de l’appareil.
Les téléphones haut de gamme conservent les meilleures valeurs résiduelles. Selon l’Indice de la Reprise 2026, un iPhone 15 peut encore rapporter environ 33% de son prix d’origine durant l’année où l’iPhone 17 est lancé. Les proportions sont de 25% pour l’iPhone 14 et de 20% pour l’iPhone 13. Même l’iPhone 11 conserve en moyenne une valeur équivalente à 9% de son prix initial.
Cette tendance ne se limite pas à Apple ; lors du lancement du Galaxy S26, un Galaxy S25 pouvait encore rembourser environ 34% de son coût initial. Pour le Galaxy S24, ce chiffre est de 30%, et pour le S23, de 20%.
La dépréciation est particulièrement marquée durant les premiers mois suivant l’achat, avant de devenir plus régulière. Augustin Becquet indique que « après la première année de dépréciation, la valeur d’un smartphone baisse de manière constante, perdant près de 15% chaque année ». Il souligne que la période la plus avantageuse pour revendre se situe entre la deuxième et la troisième année.
Cependant, ce calendrier ne garantit pas nécessairement une offre intéressante. Des problèmes comme un écran fissuré, une batterie défectueuse ou un boîtier abîmé peuvent considérablement réduire le prix. En revanche, un appareil bien entretenu et compatible avec les mises à jour logicielles se revend plus facilement.
Les lancements d’iPhone et de Galaxy déclenchent les reventes
Le marché de la reprise s’adapte aux lancements des fabricants. Chaque fois qu’une nouvelle génération est introduite, une partie des utilisateurs se dépêche de revendre son ancien modèle pour compenser le coût du renouvellement.
Suite à la sortie de l’iPhone 17, Apple a représenté près de 80% des reprises gérées par Recommerce au cours du mois suivant. De même, le lancement du Galaxy S26 a généré un mouvement similaire chez Samsung, dont les appareils ont constitué plus d’un tiers des volumes équivalents repris sur cette période.
Les modèles Galaxy S ont affiché une valeur moyenne de reprise de près de 187 euros, ce qui représente une hausse de 19% par rapport à l’année précédente. En parallèle, la part des téléphones Google repris a crû de 64%, tandis que les appareils de Xiaomi ont connu une augmentation d’environ 20%.
Néanmoins, Apple maintient une position prédominante. L’iPhone 13 arrive en tête des smartphones les plus souvent repris, suivi des iPhone 15 et 14. Les iPhone 11 et 12 complètent cette liste. Les Galaxy S23 5G et S22 5G sont les deux seuls modèles Samsung à figurer parmi les dix premières places.
Ceci démontre que le prix de revente n’est pas uniquement tributaire de la nouveauté. Un modèle largement diffusé, recherché sur le marché secondaire et encore utilisable pendant plusieurs années peut maintenir une cote suffisamment élevée pour demeurer attrayant.
Le prix de reprise ne lève pas tous les freins
La tendance vers la seconde main est désormais solidement en place. D’après le Baromètre Recommerce 2026, 50% des Français ont déjà opté pour l’achat d’un smartphone d’occasion, contre 24% en 2019. Les appareils de seconde main constituent 22% des smartphones en circulation en France.
La propension à revendre augmente également. Près de 44% des Français envisagent de céder leur appareil lors du prochain changement, soit une augmentation de sept points en un an. Ce chiffre dépasse désormais celui des utilisateurs désireux de conserver leur ancien modèle, qui s’élève à 33%.
Cependant, le montant de reprise ne suffit pas à rassurer tous les consommateurs. La protection des données personnelles demeure cruciale : 80% des Français souhaitent une certification confirmant l’effacement des informations sensibles. En outre, 71% souhaitent connaître l’identité du reconditionneur, tandis que 63% exigent un label délivré par un organisme indépendant.
Les opérateurs sont particulièrement attendus sur ce front. Le Baromètre indique que 76% des répondants aimeraient que leur fournisseur de services propose un service de reprise. Le développement de ce marché dépendra donc autant de la clarté et de la simplicité du processus que de l’attrait des prix proposés.
Augustin Becquet résume cette dynamique en déclarant que « dans un contexte où les smartphones neufs coûtent de plus en plus cher, la revente immédiate devient un levier de pouvoir d’achat pour l’utilisateur ».