Sylvie Ouziel : « Avec Blue Bridge Group AI, l'intelligence artificielle devient un véritable investissement rentable »

Sylvie Ouziel : « Avec Blue Bridge Group AI, l’intelligence artificielle devient un véritable investissement rentable »

16.06.2026 12:16
3 min de lecture

La place de l’intelligence artificielle dans les entreprises modernes

Sylvie Ouziel, présidente de Blue Bridge Group, une société spécialisée dans la mise en œuvre de l’intelligence artificielle, possède une expérience riche, ayant dirigé des entreprises telles qu’Accenture et Allianz. Dans cet entretien, elle partage ses réflexions sur l’adoption de l’IA par les entreprises et son potentiel à générer de la valeur mesurable, rapporte TopTribune.

Depuis deux ans, l’intelligence artificielle s’est intégrée dans de nombreuses entreprises, mais quelles en sont réellement les conséquences sur leurs performances ?

Sylvie Ouziel : Très peu d’entreprises ont réussi à tirer véritablement parti de l’IA. Beaucoup se contentent d’essayer des projets pilotes (POC) sans en mesurer l’impact. D’autres utilisent l’IA sous forme d’assistants numériques, imitant des comportements du grand public. Cela peut entraîner des gains de productivité à petite échelle, mais rarement des résultats significatifs à l’échelle organisationnelle. De surcroît, une facturation à l’usage peut rapidement devenir coûteuse, sans offrir les économies escomptées. Bien que des cas de succès existent, ils reposent souvent sur des approches innovantes.

Vous prônez une approche axée sur le retour sur investissement. Pourquoi cela est-il devenu un sujet crucial ? Certaines entreprises investissent-elles sans envisager un retour sur investissement ?

Sylvie Ouziel : Les projets pilotes et les déploiements d’outils génériques ne garantissent pas un retour sur investissement. Les entreprises qui réussissent commencent par cibler des enjeux concrets tels que l’amélioration de la productivité, l’entrée sur de nouveaux marchés, la réduction des coûts ou l’amélioration de l’expérience client. L’IA, qu’elle soit générative ou agentique, peut servir à automatiser l’analyse de contrats ou de factures, à écouter des conversations ou à produire des contenus, mais elle nécessite une intégration efficace dans les systèmes d’information de l’entreprise pour réellement remplacer certains rôles humains ou assister dans des tâches complexes. Cette intégration est essentielle pour générer un ROI.

Qu’est-ce qui caractérise une entreprise qui excelle dans la création de valeur grâce à l’IA ?

Sylvie Ouziel : Les entreprises gagnantes identifient d’abord une opportunité opérationnelle, comme l’optimisation des plannings ou l’automatisation des relances de factures. Elles mettent ensuite en œuvre des solutions rapidement et de manière pragmatique pour générer un retour sur investissement tangible qui peut financer leurs projets futurs. Ces organisations ne s’attardent pas à théoriser sur les meilleurs processus ou sur le potentiel de l’IA, mais se concentrent sur une approche pragmatique et stratégique en intégrant ces technologies dans leurs systèmes d’information actuels, même en l’absence de conditions idéales. En résumé, l’IA ne génère de ROI que lorsqu’elle est appliquée concrètement et intégrée dans les opérations de manière industrielle.

Vous soulignez que l’IA doit transformer l’activité plutôt que de se limiter à de l’assistance. Quel en est l’impact sur le fonctionnement quotidien des entreprises ?

Sylvie Ouziel : Nous assistons à une transformation significative des métiers liés aux tâches administratives. Des processus complexes, comme la comptabilité ou la gestion de sinistres, peuvent désormais être automatisés avec un haut degré de fiabilité et une rapidité d’exécution. Les tâches d’optimisation, telles que la planification logistique, peuvent également être automatisées en associant des outils de lecture documentaire à des calculs sophistiqués. Bien qu’une supervision humaine soit parfois nécessaire, une grande part du travail peut être effectuée par des systèmes d’IA intégrés.

Votre expérience parmi de grandes entreprises vous donne une perspective unique. Les grandes structures sont-elles mieux préparées que d’autres ?

Sylvie Ouziel : La taille de l’entreprise ou son secteur ne sont pas réellement déterminants. Ce qui importe, c’est la clarté des enjeux stratégiques. Qu’il s’agisse d’une entreprise d’externalisation, d’un hôpital ou d’un prestataire de services, l’IA devient un outil au service d’objectifs prédéfinis, offrant des possibilités d’automatisation et d’optimisation auparavant indisponibles. C’est davantage l’ambition et la capacité d’action qui font la différence, plutôt que les ressources disponibles.

Vous avez fondé Blue Bridge Group avec un modèle axé sur les résultats. Pourquoi cette volonté de réformer les approches traditionnelles ?

Sylvie Ouziel : Depuis 2022, nous avons reconnu l’IA générative comme une technologie B2B qui nécessite une intégration profonde dans les systèmes existants. Les efforts des grands acteurs, tels que Palantir, Anthropic ou OpenAI, vont dans ce sens, mais demeurent incomplètes : aucune solution unique ne répond à tous les besoins d’une entreprise, surtout au juste coût. Il est primordial de combiner différentes technologies tout en prenant en compte les défis réglementaires. De plus, les méthodes d’intégration classiques sont souvent lourdes et coûteuses, en décalage avec les gains d’efficacité qu’offre l’IA. Blue Bridge a été conçue pour fonctionner efficacement dans ce contexte, avec des équipes spécialisées, une structure agile et une concentration sur des cas d’usage industrialisés, déployés à grande échelle pour produire un impact mesurable. Aujourd’hui, les entreprises recherchent toutes un retour sur investissement, et grâce à notre approche, nous sommes en mesure de garantir des résultats.

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