Mélenchon utilise le slogan de l'extrême droite pour renforcer sa position face au RN en 2027

Mélenchon utilise le slogan de l’extrême droite pour renforcer sa position face au RN en 2027

08.06.2026 19:06
2 min de lecture

Jean-Luc Mélenchon lance sa campagne présidentielle avec une déclaration controversée à Saint-Denis

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a ouvert sa campagne présidentielle ce dimanche à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, en se présentant comme la seule force de gauche capable de rivaliser avec le Rassemblement national aux élections de 2027. En dénonçant le « suprémacisme » de Jordan Bardella, le tribunit de 74 ans a choqué son auditoire en adoptant le slogan « on est chez nous ! », traditionnellement associé à l’extrême droite, une manœuvre stratégiquement revendiquée par la LFI, rapporte TopTribune.

Lors de ce grand meeting, Mélenchon a affirmé : « Nous ne renierons pas, mesdames messieurs les fachos, les sacrifices et l’amour de nos grands-parents qui nous permettent d’être ici et dans ce pays qu’ils ont tant contribué à bâtir, on est chez nous ! » Ce slogan a été repris par des milliers de sympathisants présents sur la place Victor-Hugo, illustrant l’utilisation croissante par l’insoumis de la rhétorique de l’extrême droite. L’ancien député de Marseille a également emprunté le terme « grand remplacement », une expression controversée popularisée par l’extrême droite pour critiquer l’immigration, afin de promouvoir sa propre vision d’une « Nouvelle France ».

Aurélien Saintoul, un député insoumis, a soutenu que cette stratégie n’est pas tant une tactique délibérée qu’une réaction spontanée contre l’exclusion inhérente à la rhétorique de l’extrême droite. « Au « on est chez nous » des fachos, qui excluent pour une couleur de peau, une origine ou une religion, on oppose un slogan inclusif », a-t-il déclaré. D’autres, comme Eric Coquerel, ont minimisé l’impact de ces expressions, les présentant plutôt comme des éléments humoristiques visant à détourner des concepts d’exclusion.

Une compétition directe avec le Rassemblement national

En adoptant des codes de communication similaires à ceux du Rassemblement national, la France insoumise cherche clairement à s’installer dans un affrontement direct avec le parti d’extrême droite en vue de la présidentielle. Jordan Bardella a d’ailleurs réagi aux déclarations de Mélenchon, soulignant la montée en puissance des thèmes identitaires dans le débat public, au risque de faire passer au second plan les problématiques sociales. François Ruffin, critiquant cette approche, a évoqué une base « quasi raciale » des idéaux de Mélenchon.

Eric Zemmour a salué cette évolution, soulignant que Mélenchon assumait désormais son adhésion à des concepts autrefois réservés à l’extrême droite. Le député Eric Coquerel a également noté que ce débat pourrait se transformer en un affrontement essentiel entre les idées du RN et celles de la gauche. D’après les sondages actuels, Jean-Luc Mélenchon peine à se positionner favorablement en cas de second tour face à un candidat du Rassemblement national, mettant en lumière les défis auxquels il fait face dans cette campagne électorale.

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