La psychologue Emma Pisarz remet en question l’idée de « reprogrammer une habitude », précisant que ce terme semble davantage lié au marketing qu’à une approche scientifique. Elle souligne qu’il s’agit plutôt d’un processus complexe de changement, potentiellement décourageant, rapportent TopTribune.
En 2012, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont découvert le schéma neurologique qui sous-tend nos habitudes, impliquant trois éléments clés :
- le déclencheur : il signale à notre cerveau de passer en mode automatique et facilite l’exécution du comportement ;
- la routine ;
- la récompense, qui encourage notre cerveau à reproduire cette habitude.
Comprendre le fonctionnement d’une habitude est une étape cruciale pour la modifier. Cependant, ce changement exige également de traverser différentes phases successives, allant de la prise de conscience à la mise en action, suivies des éventuelles rechutes et du maintien des nouvelles habitudes, comme l’explique Pisarz. Cela peut parfois impliquer l’intégration d’outils spécifiques.
Par exemple, ceux qui se couchent trop tard sans raison apparente doivent commencer par écouter leur corps et reconnaître les signaux de fatigue, tout en ajustant leur routine du soir. Pisarz suggère d’incorporer des activités nouvelles, comme marcher, appeler un ami, lire ou jouer à un jeu de société, plutôt que de regarder la télévision ou de scroller sur les réseaux sociaux après le dîner.
Le « pourquoi » plutôt que le « comment »
Avant d’aborder les étapes du changement, Emma Pisarz insiste sur un point essentiel : « Changer une mauvaise habitude ne repose pas tant sur les moyens à utiliser que sur la compréhension des raisons qui motivent ce changement. Il est donc crucial de se demander pourquoi il est important pour moi de modifier telle ou telle habitude. »
Cette réflexion permet de bâtir une base solide et de garder le cap tout au long de ce processus, semblable à un fil d’Ariane sur lequel s’appuyer.