Nutri-Score : une obligation pour une meilleure information des consommateurs ?

Nutri-Score : une obligation pour une meilleure information des consommateurs ?

26.05.2026 10:46
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Le Nutri-Score fait l’objet de nombreuses discussions autour de l’alimentation. Alors que son affichage repose sur le choix volontaire des marques, une pétition récemment déposée sur le site de l’Assemblée nationale visant à rendre cet affichage obligatoire se développe. Ce texte est soutenu par un large front sanitaire, incluant l’Académie nationale de médecine, 45 sociétés savantes et 33 associations citoyennes, rapporte TopTribune.

Nutri-Score : une bataille d’information dans les rayons

Pour les consommateurs, la décision d’achat se fait en un clin d’œil face à un produit. Le Nutri-Score a été conçu pour afficher, dès l’avant de l’emballage, la qualité nutritionnelle d’un aliment. Avec un code à cinq niveaux allant de A à E et une palette de couleurs du vert au rouge, cet outil permet de faciliter la comparaison entre les produits d’une même catégorie.

Cependant, cette initiative se heurte à des limites dans les magasins. La décision d’afficher le logo repose encore sur les entreprises. Certaines choisissent de l’afficher, d’autres non. Les défenseurs du système soutiennent que cette situation crée une asymétrie dans l’information : certains consommateurs ont accès à la note de certains produits, tandis qu’ils ne peuvent pas bénéficier d’un repère cohérent pour l’ensemble de leurs achats.

L’objectif de la pétition est de lever cet obstacle. Son intitulé, visible sur la plateforme de l’Assemblée nationale, demande explicitement de rendre l’affichage du Nutri-Score obligatoire sur les emballages alimentaires en France. D’après des informations rapportées par l’AFP et reprises par Le Figaro, la pétition avait réuni près de 57 000 signatures au moment où le soutien de l’Académie nationale de médecine et de 78 structures de santé a été annoncé.

L’argumentation repose principalement sur des raisons sanitaires. Les promoteurs de la pétition soutiennent l’obligation d’affichage « pour améliorer la santé des consommateurs et diminuer le risque de maladies chroniques ». Cette formulation inscrit le Nutri-Score dans un débat plus vaste sur les conséquences humaines et sociétales d’une alimentation trop riche en sel, sucres ou graisses saturées.

Santé publique : le soutien d’un front médical élargi

Le poids politique de la pétition repose en grande partie sur la coalition qui la soutient. L’Académie nationale de médecine lui a apporté son soutien, en compagnie de 45 sociétés savantes et 33 associations. Parmi les acteurs soutenant cette initiative figurent des experts en nutrition, diabète, cancer et prévention.

Ce soutien a une signification importante, car il transforme une demande des consommateurs en une nécessité structurée par le milieu médical. Les signataires estiment que l’étiquetage nutritionnel ne doit pas simplement relever du choix personnel, mais s’inscrire dans une politique de santé préventive. Une information claire sur les emballages peut orienter les choix des consommateurs et encourager les fabricants à améliorer leurs produits.

Les défenseurs du Nutri-Score mettent aussi en avant la solide base scientifique de ce dispositif. La pétition mentionne  « plus de 150 études publiées en Europe » ayant évalué son efficacité. Santé publique France rappelle que des recherches ont lié la consommation d’aliments mal classés à un risque accru de maladies chroniques, telles que des problèmes cardiovasculaires, des cancers, le syndrome métabolique ou le surpoids.

Avec ce contexte sanitaire, la demande pour l’instauration du Nutri-Score prend plus de poids. La pétition fait état d’« une montée continue du surpoids et de l’obésité », touchant un adulte sur deux et presque un enfant sur cinq en France. Dans ce cadre, l’étiquetage apparaît comme un outil préventif accessible à tous, plutôt qu’un simple instrument d’information commerciale.

Le volontariat, point de friction avec les industriels

Bien que le Nutri-Score soit largement reconnu, son implantation varie. Selon Santé publique France, 1 406 entreprises étaient engagées dans cette démarche en avril 2024, représentant une part de marché estimée à 62% des volumes de ventes en 2024. Ces chiffres reflètent une avancée significative du dispositif depuis son introduction, mais ne couvrent pas l’ensemble du secteur.

Le principal défaut du système actuel réside dans le caractère volontaire. Les marques sont libres d’apposer le logo ou non. Les partisans du Nutri-Score soutiennent que cette flexibilité favorise les produits qui choisissent de ne pas divulguer leur classement. La pétition précise ainsi que « certains grands groupes agro-alimentaires refusent de l’afficher sur leurs produits ».

Cette critique vise la capacité des industriels à gérer la visibilité de l’information. Un Nutri-Score favorable peut devenir un atout commercial, tandis que son absence prive le consommateur d’un signal essentiel. Les signataires estiment donc qu’une obligation instaurerait une règle uniforme dans les rayons.

L’opposition des acteurs du secteur agroalimentaire s’est accentuée suite à la révision du mode de calcul du Nutri-Score. Depuis le 16 mars 2025, une nouvelle méthode d’évaluation est mise en place, accompagnée d’une période de transition de deux ans pour les entreprises. Santé publique France anticipe que 30% à 40% des produits pourraient voir leur note modifiée grâce à cette nouvelle version.

Cette évolution vise à corriger plusieurs insuffisances de l’ancien dispositif. Elle pénalise plus sévèrement certains aliments riches en sucres ou en sel, ajuste l’évaluation des boissons et différencie mieux certaines catégories. L’eau demeure la seule boisson classée A, tandis que les boissons contenant des édulcorants ne peuvent plus obtenir la note B. En revanche, certaines huiles comme l’huile d’olive, de colza ou de noix sont maintenant mieux notées.

Après l’échec parlementaire, le levier citoyen

La remise en avant par pétition survient après une période politique difficile pour les partisans de l’obligation du Nutri-Score. En novembre et décembre 2025, cette mesure a été discutée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Elle a d’abord été soutenue par des amendements à l’Assemblée nationale, avant d’être rejetée au Sénat, puis écartée à l’Assemblée nationale début décembre.

Cette série de votes a mis en lumière les difficultés d’instaurer une obligation nationale dans un domaine où les industriels, distributeurs, autorités sanitaires et institutions européennes avancent à des rythmes disparates. Le Nutri-Score est déjà adopté dans plusieurs pays européens, mais aucun cadre législatif ne l’impose encore à tous les produits alimentaires au sein de l’Union européenne.

La pétition vise donc à réouvrir le débat par une approche différente. En utilisant la plateforme de l’Assemblée nationale, ses promoteurs espèrent rendre visible une demande citoyenne et remettre la question à l’agenda politique. Le soutien de l’Académie nationale de médecine et de nombreuses organisations de santé vient renforcer la légitimité de cette initiative.

Pour le grand public, ce débat peut paraître technique. Il soulève néanmoins

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