Le bilan économique de l’ère Macron : une analyse approfondie.

Le bilan économique de l’ère Macron : une analyse approfondie.

19.05.2026 18:46
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Alors qu’Emmanuel Macron met en avant un bilan économique axé sur la diminution du chômage et le regain d’attractivité de la France, les indicateurs dévoilent une réalité plus nuancée. Le recul dans le classement des puissances économiques, l’érosion du pouvoir d’achat, l’envol des coûts énergétiques, la précarisation du travail et une dette structurelle témoignent d’un déclin progressif du niveau de vie en France. Cette analyse critique des neuf années de macronisme économique souligne les fragilités structurelles et les choix politiques discutables, rapporte TopTribune.

Par Daniel Montforte

Actuellement, la France se positionne comme la septième puissance économique mondiale. Avec un produit intérieur brut atteignant 2830 milliards de dollars en 2024, et une prévision de 3211 milliards pour 2025, le pays était encore dans le top 5 en 2000. Ce déclin de deux notations s’explique par l’ascension de deux autres économies : le Royaume-Uni en 2012 et l’Inde en 2017. Cette dernière, en tant que nation émergente, accroît son PIB à un rythme que la France, en raison de facteurs démographiques et d’une économie plus mature, peine à égaler. La montée en puissance de l’Inde dans le top 5 était inévitable, à l’instar de celle de la Chine quelques années plus tôt. En comparant avec des économies européennes, on note que pendant que la France a régressé, le Royaume-Uni et l’Allemagne se maintiennent. Ainsi, le Royaume-Uni a retrouvé sa place devant nous en 2012, et l’Allemagne a surpassé le Japon dix ans plus tard, largement grâce à la contraction de la valeur de la monnaie japonaise plutôt qu’à un renouveau allemand.

En examinant la zone euro, nous constatons que la France affiche une croissance proportionnelle de 1,2 %. Toutefois, ce chiffre reste en deçà de la moyenne des pays hors euro et hors UE, qui s’élève à 1,4 %. Les petits pays, avec des taux compris entre 3 et 6 %, tirent actuellement la moyenne vers le haut : Malte, Chypre, Albanie, Croatie, Lituanie et Bulgarie pour la zone euro ; Pologne et Danemark dans l’UE mais hors euro ; Kosovo, Albanie, Macédoine, Moldavie, et Turquie hors UE.

Le fait que des puissances comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France présentent de tels contre-performances, tandis que les plus petites économies progressent à un rythme deux fois plus rapide, s’explique par plusieurs éléments. Premièrement, à l’échelle européenne, nous assistons à un phénomène similaire à celui observé au niveau mondial. Les économies moins développées ont tendance à croître plus rapidement en raison de leur point de départ, d’une démographie plus dynamique, et d’une attractivité accrue pour les investissements. Au sein de l’Europe, cette situation est également due aux choix stratégiques de convergence adoptés conjointement à Bruxelles. Les pays contributeurs nets financent cette dynamique de rattrapage économique par une stratégie d’uniformisation du continent, soutenant ainsi l’idée d’une union européenne plus intégrée.

Bien que l’on puisse comprendre que la France affiche une croissance faible en raison de la maturité de son économie, le PIB par habitant constitue un indicateur essentiel qui dépasse la simple mesure de la production nationale de richesses. Cet indicateur est révélateur du niveau de vie des habitants. Les résultats de ce chiffre renforcent l’intuition créée par le PIB global. En effet, la contraction de la croissance en France n’est pas compensée par une baisse de la natalité. Le taux de PIB par habitant chute plus rapidement que la croissance globale en 2024 (0,8 % contre 1,2 %). De plus, la reprise économique post-COVID de 2022 a été annulée par une inflation similaire, atteignant un pic à 4,9 % en 2023, alors que le PIB par habitant redescendait rapidement à 0,7 %.

En somme, bien que le recul de la France de deux positions dans le classement économique mondial ne constitue pas un effondrement direct de ses performances des dix dernières années (ce déclin étant en partie attribué à des facteurs antérieurs et externes), la montée d’autres pays fait de la France un partenaire international de moindre influence. Dans le contexte des économies comparables, une baisse de nos performances est clairement identifiable, et surtout, elle est corroborée par des indicateurs plus fins relatifs au niveau de vie et au bien-être de la population, qui exprimait de plus en plus son mécontentement face à cette situation.

Pouvoir d’achat et IDH

Examinons maintenant divers indicateurs tels que le développement humain, l’indice de bonheur et l’optimisme de la population.

La France se classe relativement bien, occupant la 26ème position sur 189 pays, et restant dans le groupe des nations à « développement humain très élevé ». Cependant, il est difficile de ne pas reconnaître qu’après plusieurs siècles où la France s’est imposée mondialement comme un modèle de développement humain, le pays des Droits de l’Homme s’éloigne d’un certain statut. Ce recul serait comparable à une contre-performance similaire à la chute de Constantinople.

Lorsque l’on observe une grande puissance qui figure dans le top 10 pour le PIB mais n’atteint que le top 30 pour l’IDH, ne peut-on en déduire que l’IDH progresse moins rapidement que la production de richesses ? En d’autres termes, cela indique une augmentation des inégalités ?

Pour en avoir le cœur net, examinons les courbes de l’inflation et du salaire médian. Les deux courbes affichent des variations similaires : une augmentation de 52 % entre 2000 et 2026. Cependant, en y regardant de plus près, on constate que de 2000 à 2022, le salaire médian a augmenté à un rythme plus rapide que l’inflation, affichant jusqu’à 10 points d’écart en 2015, pour rejoindre l’inflation en 2026. Un tel parallèle global entre les deux courbes masque une progression bien plus favorable du pouvoir d’achat jusqu’en 2015, suivi d’un déclin durant les années 2022-23, un recul qui se prolongera jusqu’en 2026. L’inflation a grimpé de 25 % depuis 2015, alors que le salaire médian n’augmente que de 20 %.

Le pouvoir d’achat des Français est indubitablement en recul.

Il n’est guère surprenant que la consommation des ménages reflète ces résultats décevants. L’année 2021 a connu un rattrapage exceptionnel. Les Français, conscients que l’inflation ne resterait pas stable, se sont pressés pour consommer ce qu’ils n’avaient pas acheté l’année précédente (+5,2 % contre -6,5 % en 2020). Toutefois, la reprise économique post-confinement ne suffit pas à relancer la consommation, qui progresse désormais deux fois moins rapidement que l’inflation. Ce recul du pouvoir d’achat en est en partie responsable.

Une autre explication réside dans les chiffres de l’épargne. Bien qu’elle ait progressé de 20 % depuis 2019, cela ne serait positif que si une hausse du pouvoir d’achat l’accompagnait. Dans le cas contraire, cela indique que les Français renoncent à dépenser, se restreignent et préfèrent épargner par manque de confiance en l’avenir.

Le constat est impitoyable pour le bilan économique du macronisme. Tous les indicateurs étaient favorables lorsque le président a pris ses fonctions en 2017. Aujourd’hui, la donne a changé, et ce malgré les mesures courageuses liées à l’emprunt COVID, qui ont soutenu les salaires durant les confinements.

Chômage et précarité

Cette conjoncture favorable au début de l’ère Macron se vérifie dans les chiffres du chômage – il a été fréquemment soutenu que Macron a hérité des effets d’une politique élaborée lors du quinquennat précédent. Les Français sont bien conscients que cette tendance positive a longtemps masqué le chômage caché des catégories B et C. Néanmoins, cette situation n’est plus tout à fait d’actualité. Le taux de chômage connaît une baisse significative dans toutes les catégories jusqu’en 2023.

Une nouveauté réside dans l’essor de l’auto-entrepreneuriat au sein des populations précaires. Marginal durant la présidence de Sarkozy, le régime de l’auto-entrepreneur a explosé sous Macron

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