Dopage en France : les dangers des stéroïdes anabolisants dans les salles de musculation

Dopage en France : les dangers des stéroïdes anabolisants dans les salles de musculation

19.05.2026 17:06
3 min de lecture

Le 24 avril dernier, l’Inserm a publié une expertise collective sur le dopage dans le sport, révélant que les stéroïdes anabolisants sont détectés dans 43 à 45 % des cas lors des tests de dépistage, rapporte TopTribune.

Les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) sont des substances synthétiques similaires à la testostérone, réservées à une utilisation médicale pour traiter certains déséquilibres hormonaux, tels que l’hypogonadisme.

Utilisés hors de leur cadre légal, ces stéroïdes servent à augmenter la masse musculaire et la puissance, ce qui constitue une pratique de dopage. En France, la possession de stéroïdes anabolisants sans ordonnance est passible d’un an de prison et d’amendes pouvant atteindre 3 750 euros.

Cependant, l’usage de stéroïdes devient de plus en plus courant, particulièrement parmi les adeptes de la musculation, influencés par des personnalités sur les réseaux sociaux. Ces utilisateurs se procurent ces substances via des sites internet étrangers ou dans des salles de sport. Des opérations de police ont régulièrement démantelé des réseaux de trafic de stéroïdes.

Les adeptes de culturisme, premiers consommateurs

Selon des études réalisées dans divers pays occidentaux, la consommation de SAA chez les jeunes âgés de 12 à 30 ans atteint 1,6 %, avec une tendance à la hausse depuis 2022. Plus de la moitié des utilisateurs rapportent des symptômes de dépendance.

« Chez les sportifs fréquentant les salles de sport, les prévalences de consommation de SAA sont en moyenne nettement plus élevées que dans la population générale, variant entre 10 et 35 % », souligne le rapport. En particulier, chez les culturistes, où les taux de morbidité et de mortalité cardiovasculaires dépassent largement ceux de la population générale, la consommation de stéroïdes est à son maximum.

Les femmes absentes des études

Les données disponibles portent essentiellement sur les hommes, les femmes étant majoritairement exclues des études, ce qui suscite des regrets parmi les experts au vu de la hausse de la consommation de SAA chez elles également.

L’expertise de l’Inserm met en lumière une corrélation marquée entre la consommation de stéroïdes et divers risques cardiovasculaires. « Chez les sportifs consommant ces substances à fortes doses, on observe notamment une hypertrophie du ventricule gauche, entraînant des dysfonctionnements cardiaques et une athérosclérose précoce, cause principale de décès dans cette population. Il est estimé que chez les adeptes de salles de sport utilisant des SAA, la mortalité et la prévalence de certaines maladies cardiaques sont trois fois plus élevées que dans la population générale, et cinq fois plus pour les troubles thromboemboliques. Chez les anciens utilisateurs de SAA, le taux de mortalité et de morbidité cardiovasculaire serait multiplié par deux », précise l’Inserm.

Un risque addictif élevé

La consommation de stéroïdes s’intègre souvent dans un schéma plus large de prise de substances, augmentant les risques cardiovasculaires. « Les événements cardiovasculaires graves, voire mortels, se produisent généralement dans le cadre d’un entraînement intensif en musculation, associés à des doses largement supérieures aux limites physiologiques et à un mélange de plusieurs SAA et d’autres substances non légales », note le rapport. L’établissement d’un lien de causalité demeure complexe en raison de l’absence fréquente d’analyses toxicologiques.

En plus des effets cardiovasculaires, le système endocrinien est également fortement affecté. « La consommation de stéroïdes entraîne un hypogonadisme, avec une production insuffisante d’hormones sexuelles altérant les niveaux de testostérone et d’œstradiol, effets persistants pouvant durer plusieurs mois, voire des années après l’arrêt. Sur le plan physiologique, ces déséquilibres hormonaux induisent infertilité, troubles menstruels, acné, alopécie et modifications physiques souvent irréversibles », expose le rapport.

Le groupe d’experts signale également des effets néfastes sur le foie, la peau, les muqueuses, les muscles, le squelette et les reins. Les consommations par injection comportent des risques infectieux, tandis que des complications psychiatriques et neurologiques sont à signaler, ainsi qu’un risque d’accoutumance élevé. À forte dose, des symptômes hypomaniaques, maniaques, psychotiques et neurocognitifs pourraient se manifester.

Tous ces risques liés à l’utilisation de stéroïdes sont amplifiés chez les sportifs amateurs, tandis que les athlètes de haut niveau bénéficient d’un suivi médical régulier et de contrôles antidopage.

Source : Expertise collective Inserm : Dopage et pratiques dopantes en milieu sportif

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