Dans un rapport publié par les associations Que Choisir Ensemble et No plastic in My Sea, l’omniprésence du plastique dans les supermarchés français est vivement critiquée. Ce document, basé sur l’analyse de 1 659 magasins à travers 69 départements, met en lumière la réalité alarmante de l’utilisation excessive de plastiques à usage unique, en particulier dans les rayons d’alimentation, rapporte TopTribune.
Les organisations soulignent les efforts jugés « insuffisants » du secteur de la distribution et mettent en exergue l’écart significatif entre les engagements affichés et la réalité observée sur le terrain. Les données révèlent que les eaux et boissons en bouteille représentent quasiment 40 % des plastiques jetables, alors que les ventes d’eaux embouteillées ont augmenté de 3,3 % en 2025, malgré la loi Agec qui impose une réduction de 50 % d’ici 2030. Ce constat révèle un manque de conformité préoccupant dans un contexte où les enjeux environnementaux sont de plus en plus pressants.
Les eaux et boissons en bouteille pointées du doigt
Les enquêtes menées par Que Choisir Ensemble et No plastic in My Sea se sont concentrées sur toutes les grandes enseignes, y compris E.Leclerc, Carrefour et Intermarché, ainsi que sur des magasins bio tels que Biocoop et Naturalia. L’analyse a aussi impliqué un questionnaire auquel la majorité des enseignes ont partiellement répondu. Les résultats montrent que les bouteilles d’eau, qui dominent les ventes dans les grandes surfaces, sont un des principaux responsables de l’accumulation de plastiques à usage unique. Pendant ce temps, Biocoop apparaît comme l’exception en ayant cessé la vente d’eaux en bouteille en plastique.
La vente en vrac en net recul
Un autre point préoccupant du rapport souligne que 60 % des fruits et légumes conventionnels sont vendus dans des emballages plastiques dans les supermarchés traditionnels, et ce chiffre atteint 91 % pour les produits bio. Les ONG alertent également sur la tendance inquiétante à vendre des fruits et légumes frais prédécoupés, ce qui augmente encore la consommation de plastique. En revanche, 90 % des fruits et légumes sont disponibles en vrac dans les magasins bio, bien que cette méthode de vente ait également connu une diminution.
Un décret publié fin 2025 oblige les commerces de plus de 400 mètres carrés à consacrer au moins 20 % de leur surface de vente au vrac d’ici à 2030, ce qui pourrait aider à inverser cette tendance à la hausse de l’emballage. Les ONG demandent donc des mesures plus strictes et immédiates pour lutter contre ce phénomène.
S’engager massivement dans le réemploi d’ici 2027
Au-delà du constat, Que Choisir Ensemble et No plastic in My Sea appellent les distributeurs à prendre des mesures concrètes, telles que la réduction des emballages et l’abandon des plastiques superflus. Elles insistent également sur la nécessité de s’engager dans des initiatives de réemploi d’ici 2027 et de développer la vente en vrac comme une priorité parmi les actions à mener.
Philippe Joguet, directeur développement durable à la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), a déclaré : « Ce qui compte ce n’est pas la photographie à l’instant T mais la tendance à la baisse du plastique et les efforts déployés par le secteur pour être au rendez-vous en 2030 et au-delà. »
En réponse, la Coopérative U a assuré qu’elle continuerait ses efforts en matière de durabilité, tandis que Carrefour a mis en avant ses initiatives, avec 350 magasins dotés de machines pour récupérer les bouteilles en plastique, offrant ainsi une incitation financière aux clients. De plus, 450 de ses magasins proposent un système de consigne pour les contenants en verre, renforçant ainsi leur engagement à réduire leur empreinte plastique.