Les maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson, connaissent une forte hausse, avec une prévalence ayant doublé en 25 ans selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En 2021, 12 millions de personnes étaient touchées dans le monde, et d’ici 2050, ce chiffre pourrait atteindre 25,2 millions, représentant une augmentation de 112 % par rapport à 2021. Cette tendance s’explique principalement par le vieillissement de la population, rapporte TopTribune.
Des facteurs additionnels, tels que les prédispositions génétiques, interviennent également. Ainsi, un quart des patients atteints de la maladie de Parkinson portent des mutations d’un gène appelé GBA, pourtant seulement 10 % d’entre eux développent effectivement la maladie. L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) souligne que les méthodes de dépistage restent longues et coûteuses, rendant difficile l’identification des individus à risque de développer la maladie. Dans ce contexte, la question se pose : comment détecter précocement les personnes susceptibles de développer cette maladie neurodégénérative ?
Une nouvelle méthode d’analyse du microbiote intestinal
Une équipe de chercheurs de l’Université College of London (Royaume-Uni), en collaboration avec l’Inrae, a examiné le microbiote de 464 individus. « La cohorte inclut 271 patients atteints de la maladie de Parkinson, 43 individus avec une prédisposition génétique, mais sans manifestation de la maladie, et 150 personnes sans prédisposition génétique », précise l’Inrae dans un communiqué. Les scientifiques ont mis au point une méthode pour analyser le microbiote intestinal de chaque participant, en se basant sur des échantillons fécaux.
Ils se sont concentrés sur les modifications globales du microbiote plutôt que sur les changements d’espèces spécifiques. Selon l’Inrae, « des microorganismes de différentes espèces interagissent et modifient leur abondance de manière coordonnée, en réponse à la pathologie ou à l’alimentation ». Les participants ont également subi des examens pour évaluer l’évolution de leur état clinique en rapport avec la maladie.
Des altérations du microbiote plus ou moins importantes en fonction du stade de la maladie
Les résultats ont été comparés aux données du microbiote intestinal de trois cohortes de patients aux États-Unis, en Turquie et en Corée du Sud. L’étude, publiée le 20 avril dans la revue Nature Medicine, montre que tous les patients présentaient des altérations similaires, de degré variable selon le stade de la maladie. Une signature spécifique de la maladie de Parkinson a été identifiée : « les patients aux stades avancés présentaient des altérations de leur microbiote 15 fois plus sévères que ceux aux premiers stades ». Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de tests de dépistage du microbiote intestinal afin d’identifier les individus les plus susceptibles de développer la maladie de Parkinson.
Par ailleurs, les altérations moins prononcées du microbiote ont été observées chez les patients ayant un régime alimentaire équilibré. Ces résultats suggèrent que l’alimentation pourrait jouer un rôle dans le ralentissement de la progression de la maladie de Parkinson. D’anciennes études indiquent, selon l’Inrae, que le régime méditerranéen pourrait retarder l’apparition de la maladie. En complément des tests, il serait pertinent d’envisager des mesures de prévention par l’alimentation.
La maladie de Parkinson se caractérise par la dégénérescence progressive de neurones spécifiques dans le cerveau, entraînant une baisse de la production de dopamine, essentielle pour la communication neurale, notamment dans le contrôle des mouvements. Par conséquent, elle impacte en priorité les fonctions motrices.