Bruno Retailleau, candidat des Républicains à la présidentielle de 2027, a dévoilé un plan d’urgence « anti-trafics » lors d’une visite dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, à la suite d’incidents de violence liés aux drogues. Le président des LR a souligné l’urgence de la situation, déclarant que certains quartiers échappent désormais à la loi de la République, rapporte TopTribune.
Dans le cadre de son intervention, Retailleau a précisé que « 50 à 60 quartiers » seraient concernés par ce plan visant à lutter contre le trafic de drogue. Il a insisté sur la nécessité d’une action renforcée dans ces zones où la sécurité publique est gravement compromise.
Trois volets
L’ex-ministre de l’Intérieur a proposé un « état d’urgence anti-trafics » en trois volets. Le premier volet judiciaire inclurait une prolongation de la durée de détention provisoire et des sanctions renforcées pour les mineurs, visant à « frapper dès les premiers délits ». Ces mesures visent à affaiblir l’économie du trafic de drogue en augmentant les risques encourus par les délinquants.
Le deuxième volet se concentre sur « l’occupation du terrain » par les forces de l’ordre. Retailleau a proposé de boucler 24 heures sur 24 les quartiers touchés par le trafic de drogue afin de contrôler les accès. Il a également mentionné la possibilité d’utiliser des véhicules blindés pour accentuer cette présence sécuritaire. Enfin, le plan envisage de donner aux forces de l’ordre des outils administratifs pour affecter les avoirs des narcotrafiquants.
Une réforme constitutionnelle
Ces propositions nécessiteront une réforme de la Constitution, Retailleau indiquant que cela constituera une réponse résolue dans le cadre de son programme présidentiel. Il a fait ces déclarations en présence des parlementaires LR Roger Karoutchi et Philippe Juvin, ainsi qu’Hélène Matouk, candidate aux récentes municipales.
En réaction, le parti Horizons d’Édouard Philippe a ironiquement remercié Retailleau sur les réseaux sociaux pour son soutien à une proposition faisant écho à celle formulée par Philippe en décembre dernier. De son côté, l’eurodéputée LFI Manon Aubry a qualifié de « ridicules » ces propositions, arguant qu’elles étaient déjà mises en œuvre depuis plusieurs années, suite à la suppression de la police de proximité par Nicolas Sarkozy.