L’Observatoire de la Fintech a publié un rapport ce mardi, offrant un aperçu des levées de fonds des entreprises de cryptomonnaies en Europe et montrant l’évolution depuis 2013, rapporte TopTribune.
Bien que les États-Unis dominent le secteur des cryptomonnaies, les sociétés européennes affichent également des performances notables. Actuellement, 650 entreprises de cryptomonnaies en Europe emploient environ 37 000 personnes. Depuis 2013, ces entreprises ont levé au total 13,4 milliards d’euros grâce à l’appui des investisseurs. Ce rapport, intitulé « L’année de la crypto 2026 », souligne les tendances du marché.
Le Royaume-Uni se positionne comme le leader en Europe avec 426 opérations et 5 milliards d’euros levés. La France, derrière l’Allemagne et la Suisse, se classe quatrième avec 97 opérations et un montant de 1,15 milliard d’euros levés.
« L’attractivité repose ici davantage sur la densité de startups et la qualité du deal flow que sur la taille des tours, encore inférieure à celle des principaux hubs », selon l’étude.
Le cadre réglementaire instauré par la France, notamment avec le statut PSAN (prestataire de services sur actifs numériques) en 2019, a été un facteur clé favorisant l’émergence de nombreux acteurs fiables sur le marché, en plus d’inspirer la réglementation européenne MiCa. Des entreprises comme la licorne française Ledger ont connu des levées record, tandis que plusieurs PSAN se sont affirmés tant en France qu’à l’international grâce à des financements substantiels.
Plusieurs phases d’intérêt
Entre 2013 et 2015, peu après la création du bitcoin, les investisseurs adoptaient une approche prudente, ne finançant l’industrie qu’à hauteur de 80 millions d’euros. L’année 2021 a marqué un tournant avec 266 opérations et 4 milliards d’euros levés, dans un contexte de forte croissance du marché des cryptomonnaies.
À partir de 2022, une aversion accrue au risque de la part des investisseurs s’est manifestée suite à des faillites notables dans le secteur, telles que celles de Terra Luna et FTX. Le nombre d’opérations a alors diminué chaque année. Cependant, un regain d’intérêt a été noté en 2025, variant jusqu’à 1,36 milliard d’euros levés, comparé à seulement 85 millions d’euros en 2024. Dans cette dynamique, les infrastructures de sécurité, comme Ledger, ainsi que les stablecoins, ont attiré 70 % des financements.
« Le capital se concentre sur un nombre plus restreint d’acteurs, probablement plus matures ou stratégiques. Ce type de configuration est caractéristique d’un marché en consolidation, où les investisseurs privilégient la qualité des solutions plutôt que leur volume », souligne l’étude.
Le secteur des cryptomonnaies est entré en 2026 dans une phase de structuration, avec l’introduction d’institutions, la consolidation du marché et un accent sur les enjeux de souveraineté, déclare Mikaël Ptachek, président de l’Observatoire de la Fintech.
Perspectives d’évolution
Les perspectives d’évolution de ces entreprises semblent prometteuses. En effet, 562 d’entre elles comptent moins de 50 employés, suggérant un potentiel de concentration future, selon l’étude.
De plus, l’entrée en vigueur de la réglementation européenne MiCa représente un tournant significatif pour l’écosystème des cryptomonnaies.
« Ce nouveau cadre va accélérer la structuration du secteur, en favorisant les acteurs capables de conjuguer innovation, conformité et robustesse opérationnelle. À court terme, cela se traduira par une phase de transition et de consolidation; à moyen terme, par l’émergence d’un véritable marché unique des crypto-actifs en Europe », conclut François Faure, Secrétaire Général de l’Observatoire de la Fintech.